Walking on the Moon

Per raggiungere Bromo, basta informarsi in qualsiasi albergo o agenzia di Yogyakarta. Non ci vuole niente per organizzare un taxi o una navetta, senza neanche spendere troppo.

Ma dall’inizio del nostro viaggio abbiamo deciso di viaggiare il più possibile con i locali. Non che siano moltissimi gli indonesiani che vanno verso Cemoro Lawang, il villaggio di forse cento abitanti che guarda dentro il cratere del vulcano. Ma basta andare all’autostazione e chiedere informazioni a quattro o cinque persone, giusto per confrontare le diverse versioni.

La guida del Pianeta Solitario mette in guardia contro il pullman per Probolinggo, a quanto pare ritrovo di ladri di zainoni turistici e criminali di ogni genere. Noi, con gli spigoli dei più preziosi dei nostri averi che si fanno sentire da sotto i vestiti, incontriamo solo una ragazza che per tutta la notte si contorce in preda al mal di macchina e un gruppo di lavoratori che ad intervalli di qualche minuto ci svegliano dal sonno dei giusti per farci qualche domanda nella loro lingua, che dobbiamo interpretare e rispondere a gesti e parole improvvisate.

La corriera si pianta quasi subito e dobbiamo aspettare il mezzo sostitutivo, così arriviamo a Probolinggo alle 5, invece che alle 4 e ci restano solo due ore prima del primo bemo diretto verso l’orlo del cratere.Bene, perché la Lonely Planet riferisce che qualsiasi turista qui viene perseguitato fino all’ossessione con offerte di taxi o tentativi di fregatura. Forse esagera, o forse siamo noi ad essere vestiti come poveracci, perché nessuno osa disturbarci.

Una cosa che la guida invece non menziona è la scalata fra curve, strettoie e strapiombi, con conseguente discesa del termometro di almeno 20 gradi. Ma dopo due ore il bemo ci deposita finalmente sull’orlo del vulcano, con un altro mondo che comincia sotto i nostri piedi. Si tratta del cratere principale, del diametro di una decina di chilometri. Al suo interno c’è una pianura grigia e polverosa spezzata solo dai coni di tre vulcani più piccoli. Ci torniamo subito dopo aver trovato un albergo, depositato gli zaini, messo pile, giacca e canottiera e mangiato qualcosa di caldo nell’unica mangeria locale.

In realtà Bromo è il nome di uno dei coni minori che ci appaiono davanti: non il principale, né il più grande. O meglio, è stato a lungo il più grande, ma le eruzioni continue lo hanno decapitato e ridotto ad una collinetta fumante.

Scendiamo nel cono e la pianura ci avvolge: l’erba stentata della cima del monte scompare dietro le pareti. Camminiamo nella cenere verso i coni vulcanici, davanti a noi solo spaccature profonde un metro o due che crepano la pianura e qualche indonesiano che scorrazza a cavallo o in motocross. Superiamo un tempio color cenere e ci troviamo ai piedi di Bromo. Per arrivare in cima c’è una scala scavata nella parete, ormai ricoperta di polvere. Dal cratere escono nuvole di vapore, che la gente perfora con offerte di mazzi di fiori e immondizie.

Ancora una volta ci dicono che il vulcano vada visto all’alba. Il paese è pieno di autisti che si offrono peri accompagnare i turisti verso il punto migliore per osservare il sole che esce da dietro il cratere principale. Noi decidiamo invece di alzarci alle 3 e raggiungere la cima a piedi. Siamo gli unici a tentare l’impresa e arriviamo con netto anticipo sugli altri, visto che la scalata dura cinquanta minuti e non due ore e mezza come ci avevano detto. Nella notte senza luna osserviamo una lunga striscia ininterrotta di luci gialle e rosse. Sono decine di jeep, ognuna con un autista e uno o due turisti, che fanno mezz’ora di fila e venti minuti a piedi per arrivare nel punto dove noi nel frattempo siamo già quasi congelati.

Quando tutti siamo in cima lo spettacolo può cominciare, ed è il sole che dipinge un quadro color seppia a centinaia di metri sotto i nostri piedi, prima di assestarsi in mezzo al quadro, tingendosi di viola e arancione. Il cratere si fa sempre più nitido mentre emerge dall’oscurità e dal gelo. Non siamo mai stati sulla luna, ma è così che deve apparire.

Appena il sole si ingiallisce e il cielo si dipinge del blu d’ordinanza, lasciamo che i fuoristrada sfilino in ordine e scendiamo con calma, salutando i contadini nei campi di cavoli e cipolle.

Quando cerchiamo di informarci su come tornare verso valle, gli autoctoni insistono perché prendiamo uno degli autobus turistici. Come per le jeep a noleggio, non credo sia un trucco per sfilare soldi ai turisti, ma più il fatto di non capire perché insistiamo a prendere i bemo scomodi, quando potremmo permetterci di viaggiare comodi e ariacondizionati. Quello che non sanno è di essere loro stessi parte di quello che siamo venuti a vedere.

 
Bromo s’apparente à un aller simple sur la Lune. Et pas seulement au vu du paysage incroyable qui allait bientôt s’afficher devant nous, mais aussi à son accès. On penserait (à défaut) que relier les deux sites les plus touristiques de l’île (Yogya et Bromo) est chose facile, et bien non ! Cela attire les malotrus, voyez-vous… Ceux qui aimeraient bien profiter un peu des pépettes des touristes. Alors les guides, blogs, forums et autres sources d’information ont tendance à noircir un peu ledit trajet et on en vient à passer des heures à se demander s’il est bien raisonnable d’y aller ou bien, quitte à prendre le risque, s’il ne vaudrait pas mieux emprunter le train ou une navette privée, ou alors faire appel à un tour opérateur (plus cher, plus compliqué, le bordel).

Après maintes réflexions, nous avons quand même opté pour le bus à la réputation douteuse, payé moitié moins cher que ce nous pensions et nous sommes retrouvés entourés d’une joyeuse bande d’Indonésiens, entre volutes tabagiques et ukulélé dansant. Une heure plus tard c’était la panne ! Nous avons attendu un long moment sur le bord de la route, Marco est allé acheter du nasi à emporter (à savoir, du riz enroulé dans du papier journal) et nous avons fait la causette avec une jeune femme apprenant l’anglais. Le reste du trajet s’est passé sans heurts jusqu’à notre arrivée à 4h30 du matin à Probolinggo – partie peut-être la plus glauque du parcours, sachant qu’il nous fallait attendre dans la gare routière jusqu’au petit matin pour prendre notre connexion. Ma foi, une fois les chauffeurs de taxi évincés, nous avons bu un thé bien chaud, trempé des gâteaux choco-myrtille violets dedans en guise de petit-déj. et Marco a même parlé football avec un type qui passait par là. Je ne l’avais jamais vu aussi éveillé à cette heure de la nuit ! Puis nous avons attendu… attendu le bémo qui allait nous mener dans les hauteurs.

Une fois là-haut, c’est comme si nous avions changé de pays ou même de planète. Le village de Cemoro Lawang est tout petit, seules quelques maisons baignent dans la poussière environnante et les gens drapent leur sarong à la manière d’un châle. Instinctivement, nous sommes attirés par le trou béant au bout de la rue. Juste là, au bord du village, un précipice puis plus rien, une mer de sable qu’on appelle Laotian Pasir, et trois cônes à l’horizon : Bromo, Tengger et Semaru. Et tout ce vide est hypnotique et saisissant.

Sans attendre, nous nous précipitons sur la piste, le visage recouvert d’un tissu pour nous protéger des particules de poussière poussées par le vent. Nous aurions pu y aller en ojek ou à cheval, mais nous voulions marcher pour mieux embrasser l’immensité du lieu. La mer de sable est comme un grand terrain de jeu pour les Indonésiens, mobylettes et quads y font ronronner leur moteur sans ménagement, et bien qu’ils entravent notre contemplation, ils participent aussi à ce décor un peu étrange. Avec la présence d’un temple érigé aux pieds des volcans, telle une forteresse, on se croirait presque dans Mad Max !

Contre toute attente, Bromo est le plus ratatiné des trois pics (dû à de nombreuses éruptions) et pourtant le plus vénéré. On peut accéder au sommet par un escalier taillé sur la pente du volcan (voilà encore un truc hallucinant) et qui relie directement au cratère. Là-haut, strictement aucune protection n’a été installée ! Alors j’imagine que tomber dans le cratère d’un volcan encore actif ne doit pas être très agréable, mais visiblement ça n’a pas l’air de les inquiéter outre mesure. Au lieu de ça, le cratère sert de déchetterie – le culte religieux a ses limites on dirait.

C’est autour du cratère que nous faisons la connaissance de Mel, une voyageuse anglaise en solo. En discutant, nous découvrons que nous sommes dans la même auberge et décidons d’aller tous les trois voir le lever du soleil depuis le mont Penanjakan. Incontournable apparemment. Nous avons rendez-vous vers 3h du matin, il fait froid, l’eau de la douche est glacée et nous sommes crevés. Malgré la beauté des lieux qu’on visite, on commence à saturer sérieusement des levers aux aurores ! Armés de nos couvertures multicolores kitchs, nous nous lançons coûte que coûte dans la nuit. Nous sommes parmi les premiers à arriver. Un stand de thé et café est déjà installé et nous fait vite comprendre que nous ne serons pas les seuls à assister au spectacle. De là-haut, nous pouvons en effet observer le ballet lumineux des 4x4 qui arrivent en masse nous rejoindre.

Lorsque les rideaux de lumière s’ouvrent enfin sur les triplés Bromo-Tengger-Semaru, nous sommes baba. La scène est juste incroyable. Nous restons là un long moment pour ne perdre aucune miette de ce moment magique. Plus tard, c’est le cœur léger mais l’estomac affamé que nous redescendons vers le village, découvrant au passage le paysage qu’il était impossible de voir en pleine nuit : des champs de choux et d’ail partout, ponctués de petites cabanes en bois. Vite, une bonne crêpe au chocolat pour toucher terre à nouveau !

Naughty Merapi

Chers lecteurs, préparez-vous à une activité hautement sismique dans les trois articles à suivre ! Ceux-ci relatent nos récits de trois volcans javanais : Merapi, Bromo et Ijen. Est-ce ma passion enfouie pour les volcans (…née devant un documentaire sur l’Etna à la MLC de St-Leu alors que je n’étais encore qu’une gamine…) qui soudain avait refait surface ou est-ce parce que l’Indonésie est l’un des pays qui compte le plus de volcans au monde, mais le fait est que je voulais TOUS les voir ! Alors quand on sait que l’île de Java en compte 42 à elle-seule, et bien il a fallu choisir. À moins de 30km au nord de Yogya se dresse un cône fumant presque 300 jours par an : Gunung Merapi, ou ‘’Meru api’’, Mountain of Fire, le volcan le plus actif du pays. Du haut de ses 2930 mètres, il surplombe aujourd’hui une vallée dévastée. Sa dernière éruption d’octobre/novembre 2010 a fait fondre son pic de 28 mètres et a causé la mort de 353 villageois. À défaut de toujours rechercher la beauté, c’est ce spectacle d’horreur que nous venions constater…

De Borobudur, nous avons rebroussé chemin vers Yogya, puis emprunté les transports locaux jusqu’au village de Kaliurang. Tel un village dans les nuages, tapi au pied du volcan Merapi, le brouillard était si dense qu’on ne pouvait apercevoir la bête. Même du haut de la tour de contrôle de la ville, la vue était imprenable – au sens littéral.

Nous avons fait notre nid dans la douillette auberge Vogel tenue par l’adorable Christian Awui, qui devait être notre guide pour l’expédition du lendemain. Passionné depuis toujours par ‘’son’’ volcan comme il l’appelle, il conduit les touristes sur les traces de Merapi. Mais au vu des prévisions météo peu alléchantes, nous avons hésité un long moment avant de nous engager : le groupe de la veille n’ayant pas même aperçu le volcan, il y avait peu de chance que nous y arrivions. Qu’à ne cela ne tienne, nous avons quand même réservé notre place et en attendant le moment du départ (devinez quoi ? en pleine nuit), nous avons fait bon usage de la salle de bain royale (c.à.d. avec douche chaude) de la chambre voisine, de la Wifi gratuite et du petit restaurant de l’hôtel où Marco a passé de nombreuses heures à discuter avec un autre baroudeur italien.

Kaliurang est un petit village tranquille qui vit sous les feux de son volcan. C’est aussi un lieu de villégiature pour les familles de Yogya qui viennent s’y rafraîchir lorsqu’il fait trop chaud dans la plaine. À part quelques résidences et warungs accueillantes, on y trouve surtout le centre de surveillance sismique, qui contrôle jour et nuit l’activité du volcan, ainsi que le musée dédié au volcanisme, pimpant et tout neuf, mais qui malheureusement était fermé le jour où nous voulions le visiter.

4h du matin, nous étions d’attaque devant un petit-déjeuner copieux préparé par notre hôte. Une demi-heure plus tard, nous commencions l’ascension. Le ciel encore étoilé ne laissait rien présager de bon, et quand le soleil se leva finalement derrière de gros nuages noirs, on aurait pu croire à une éclipse de lune totale. Une vision apocalyptique. La lumière grise reflétait un paysage morne. Les arbres, pour la plupart, étaient couchés et calcinés. La nature, quoiqu’inexistante dans cet amas géant de cendres, de pierres et de troncs brûlés, tentait de reprendre ses droits et l’on pouvait voir quelques pousses vertes percer de ci de là. Toute la vallée alentour avait été redessinée sous le poids des coulées de lave et des traînées pétrifiées gisaient là où, auparavant, faune et flore s’en donnaient à cœur joie.

Christian, en guide fascinant, nous raconte Merapi à travers diverses anecdotes et données scientifiques. Il est incollable sur le sujet. Fort de rencontres avec de grands volcanologues, tel Aroun Tazief, il nous explique les bases du volcanisme en faisait des schémas dans le sable. Alors qu’on est tous à l’écouter sagement, le volcan fait une percée et le ciel se teinte de bleu en un instant. On est tous gaga. Cette nouvelle luminosité change notre regard, et l’on comprend un peu mieux pourquoi tant de villageois ont refusé de quitter leur domicile alors que l’alerte était donnée en ce 25 octobre 2010. Ils ont cru que le volcan ne se manifesterait pas ou qu’alors eux seraient invincibles. En Indonésie, les volcans sont vénérés tels des dieux et de nombreuses offrandes leur sont faites afin d’apaiser leur colère.

Après quelques minutes de ‘’lavathérapie’’ (les pieds nus au contact de la roche volcanique encore chaude), nous sommes redescendus sur terre où nous attendaient pas UN, mais DEUX petits déjeuners copieux. Sûrement histoire de nous remettre de nos émotions…


Gunung api, in indonesiano, significa “montagna di fuoco”, vulcano. E da Gunung Merapi, a pochi chilometri da Yogyakarta, il fuoco cola con regolarità, rendendolo uno dei vulcani più pericolosi al mondo. Questo non significa che abbia resistito all’urbanizzazione: nell’ottobre del 2010 un’eruzione più violenta delle altre ha incenerito in un colpo solo le foreste che erano riuscite a crescere sull’altopiano attorno a Merapi, colpendo anche alcuni villaggi e cancellando ogni traccia delle trecento persone che si erano rifiutate di evacuare.

Quando arriviamo a Kaliurang, il paese più sicuro sull’altopiano, quello dove risiedono i sismologi del centro vulcanologico, il cono del vulcano è nascosto dietro una coperta di nuvole infeltrite e senza colore.

Oltre ai sismologi, a Kaliurang si raduna anche chi fra gli abitanti di Jogjakarta può permettersi una casa per le vacanze al fresco dell’alta quota. Ma questo non è periodo turistico e le ville di cemento nudo sono vuote e tetre fra le nuvole. Kaliurang galleggia in una schiuma grigia che cancella ogni segno di geografia.

Il calore è tutto nell’ostello Vogels, e non certo nelle stanze in stile convento, ma nel proprietario Christian Awuy, che con la sua passione per il vulcano si è guadagnato il titolo di vulcanologo honoris causa. Christian è un malay cristiano (l’unico che abbiamo incontrato), modesto e delicato, di animo gentile e carattere timido. Quando ci vede soli nelle stanze più fredde dell’edificio, ci concede di usare gratis le docce degli appartamenti più costosi. È la prima doccia calda in più di un mese e col freddo che c’è fuori fa ancora più piacere.

Da Vogels partono tutte le escursioni verso il vulcano, perché Christian è l’unica guida. Come sempre in Indonesia partiamo alle 4 di mattina, anche se stavolta non sembra esserci il problema di evitare i raggi del sole. Anzi, saremmo più che felici di vedere il sole al di là delle nuvole, almeno per intravvedere il cono del vulcano.Ma è comunque suggestivo anche solo camminare fra la cenere e gli alberi inceneriti e abbattuti dall’ultima eruzione, spingersi fino al crinale con i resti sciolti e contorti del traliccio metallico che sosteneva la torre di rilevamento sismico.

Christian ci indica le gole scavate dalla lava, che credevamo fossero i letti di fiumi estinti. Ci mostra i villaggi che sono rinati nel mezzo della polvere grigia. Ci racconta di come gli animali hanno perso i loro rifugi e si sono spostati in massa verso valle e della pantera che girava allo scoperto, alla ricerca disperata di cibo. In molti punti cresce già l’erba e anche qualche arbusto ha messo radici nel suolo fertilizzato dalla cenere vulcanica. Ma per ora gli unici alberi sono gli scheletri grigi della foresta incenerita.

In fondo al letto di un fiume di lava, Christian ci insegna a farci massaggiare i piedi dalla roccia vulcanica calda e porosa. E intanto le nuvole si aprono quasi all’improvviso e quando togliamo i piedi dalla sabbia ci appare il vulcano, anche lui grigio dopo essersi levato di dosso la foresta che lo rivestica. Dalla cima del cono esce del fumo, ma al servizio sismico dichiarano che le possibilità di eruzione per ora sono bassissime. Nonostante ciò, è proibito avvicinarsi oltre l’area dove siamo noi, a qualche chilometro dalla base.

Così torniamo indietro verso il villaggio, ormai affamati dopo la lunga camminata. E Christian ha previsto tutto e ci offre non una, ma due colazioni: la prima in una mangeria del villaggio, con banane fritte e palle di riso accompagnati da peperoncini decisamente maligni, e subito dopo un’altra all’ostello, con quello che un occidentale si aspetta di trovare in una colazione nel Sud-Est asiatico e che gli viene di conseguenza servito in qualsiasi struttura a lui destinata: frittelle alla banana. Non ho mai visto un asiatico mangiare una frittella alla banana, ma per la guida del pianeta solitario, viaggiare a Sud della Cina significa percorrere il “Banana Pancake Trail”. Comunque mi adeguo con piacere.

Ci fermiamo ancora un po’ a parlare con Christian, che alla fine si offre di darci un passaggio fino alla fermata del bus di linea. E al momento di pagare ci offre perfino uno sconto. Mentre ci allontaniamo dopo averlo ringraziato per la sua gentilezza, vediamo che i suoi occhi si arrossiscono di commozione.

Borobudur, dum dum di du dum...

Borobudur était notre Rinjani des temples dans notre programme pré-départ : l’endroit à ne manquer sous aucun prétexte ! Il faut dire qu’il s’agit un peu de l’Angkor Wat de l’Indonésie, un lieu sacré, mythique et imposant qu’on se doit de voir au moins une fois dans sa vie – pour peu qu’on visite cette partie du globe bien entendu ! Nous lui avions même consacré une mélodie que nous devions chanter et filmer le jour où nous nous y rendrions enfin, mais je dois vous avouer qu’on s’est un peu dégonflés le moment venu. Peut-être car le ciel était gris ce jour-là et notre enthousiasme un peu dans les sandales…

Anyway, nous y étions enfin ! Nous avions mis le réveil assez tôt pour éviter la foule et profiter au maximum de notre journée. Logeant dans la guest-house juste en face, nous bénéficions d’une remise de 10% sur le prix du ticket d’entrée et, quand on sait que dans ce type de lieu hypra-touristique le dollar américain est roi, cela fait plutôt plaisir d’avoir une ristourne, si petite soit-elle ! Après cela, il ne nous restait plus qu’à tourner, pendant des heures, dans le sens des aiguilles d’une montre, comme le veut la tradition bouddhiste, afin de ne rien manquer des 2672 panneaux décoratifs et narratifs composant ce monument circulaire.

Borobudur, dont le nom vient du sanskrit ‘’Vihara Buddha Uhr’’signifiant ‘’Monastère bouddhiste sur la colline’’, a été construit entre 780 et 830 après J.C. par la dynastie Syailendra. Il s’agit d’un mandala trois-dimensionnel symétrique composé de 2 millions de blocs de pierre, sculptées de manière à conter en images la vision bouddhiste du cosmos. Sa base est un carré de 120x120 mètres, sur lequel s’enroulent 9 niveaux de terrasse et un stupa énorme à son sommet. Les 3 niveaux principaux symbolisent respectivement : Kamadhatu, les comportements humains rattachés aux passions terrestres ; Rupadhatu, l’abandon des besoins matériels et la transition vers un monde spirituel ; et Arupadhatu, le nirvana éternel... (Il faut faire gaffe de ne pas rester perché !) Plus de 500 figures de Bouddha ornementent le monument, mais beaucoup d’entre eux ont malheureusement perdu la tête !

Du haut de ses 35 mètres, nous avions une vue imprenable sur la jungle tropical alentour. Il nous tardait alors d’aller visiter les environs sur les bicyclettes que nous avions louées pour l’occasion ! Bien que Borobudur fût vite abandonné et redécouvert uniquement au 19ème siècle à l’heure de la colonisation hollando-britannique, la région est restée à dominante bouddhiste et de nombreux autres temples, autels et monastères valent le coup d’œil. C’est là que nous avons pédalé en premier lieu, puis nous avons roulé longtemps à travers les champs de riz et de tabac, hélés de ci de là par des gamins nous criant ‘’Hello mister!’’ ou ‘’Money mister!’’ au choix.

Une fois rentrés au bercail, accueillis par un jus de banane savoureux, nous parlions encore pendant des heures de voyages autour du monde avec un journaliste américain rencontré là. L’ombre d’un instant nous avons même pensé que c’était peut-être Paul Theroux (= l’écrivain vénéré par Marco) ! Mais non, il s’agissait juste d’un avocat dont la passion était d’envoyer ses récits de voyage à des journaux et par la même occasion de nous donner l’eau à la bouche avec tout plein de nouvelles destinations !


Forse non tutti sanno che a Giava c’è uno dei templi più famosi in Asia. L’India ha il Taj Mahal, la Cambogia Angkor Wat, e l’Indonesia Borobodur, che a dirlo così suona più come la canzone di Stanlio e Ollio.

In realtà il restauro degli ultimi anni è stata più che altro una ricostruzione, dopo che il tempio è stato strizzato da diversi terremoti. È un po’ come se si decidesse di aggiungere al Colosseo quel piano e mezzo che manca, ma se non altro si può avere un’idea precisa dell’edificio originale. Ma forse la cosa che impressiona di più di Borobodur è lo scenario: uno ziggurat nero messo là fra le risaie e i campi di tabacco e circondato da montagne coperte di giungla verde e blu.

Cominciamo così proprio con lo ziggurat, che esploriamo all’alba, come consigliano di fare per fruire al massimo dell’effetto della luce rosa sulle pareti, anche se ho l’impressione che in Indonesia tutto renda al massimo solo dopo una levataccia. E comunque avremmo potuto alzarci tre ore dopo, visto che il sole non si vede per tutto il giorno. Comunque ci siamo e con gli occhi impastati dal sonno saliamo la scalinata verso la cima, facendo il giro di ognuno dei tre piani per seguire il fregio con bassorilievi che raffigurano storie tratte dalle scritture induiste. La parte più nota è in cima, con le famose campane fatte di blocchi di pietra a forma di X, che formano una struttura a reticolo che lascia intravvedere al suo interno la statua di un Buddha in meditazione.

È là che vedo un indonesiano con la maglia del Milan e posso finalmente avere la notizia che cercavo già da un po’: a segni e gesti mi indica che la partita di coppa contro il Barcellona è finita 2-2. Qualche anno fa non avrei gioito così tanto, ma va bene così. E poi mi giro e vedo le montagne che escono dalla nebbia che si dirada, evento maestoso e sperato tanto quanto il gol del pareggio al novantesimo (un giorno vi racconterò come si spiega “pareggio al novantesimo” a gesti).

Ma lo scenario lo lasciamo per il giorno dopo. Lo percorreremo in bicicletta, constatando ancora una volta quanto la zona turistica sia concentrata e circoscritta. Neanche un chilometro oltre il tempio e la gente si stupisce già di vedere le nostre facce straniere.

In Olanda pedalavamo per 26 km al giorno, ma qui la differenza la fa il dislivello di una strada che è sempre in salita o discesa, e – ancora di più – la temperatura. Le strade curvano fra campi di tabacco e palmeti e villaggi con capanne di legno e pietra. Quando sembra di essersi persi spunta sempre la piramide nera di Borobudur per farci orientare. Quando il fiato sta per lasciarci definitivamente, da dietro una curva spunta una baracca con una signora che cucina per i contadini in pausa pranzo. Anche lei sembra orgogliosa di servire degli stranieri, forse quanto noi siamo felici di fermarci e riempire la pancia di spaghetti ricci, minibanane e tè ghiacciato.

La campagna giavanese che osserviamo seduti e pasciuti è di un verde profondo e senza scampo, dalle foreste ai campi ai fiumi coperti di piante acquatiche. Le montagne che fanno da scenografia sono probabilmente vulcani, perché Giava è stata tirata fuori dal mare a forza di eruzioni. Mentre li osserviamo da lontano decidiamo che Merapi, uno dei vulcani più attivi al mondo, sarà la prossima tappa.

Yogi, yoghurt, yoga... Yogyakarta!

Yogyakarta est probablement la ville la plus visitée d’Indonésie de par son passé hippie et sa proximité avec le complexe bouddhiste Borobudur. Centre culturel et touristique, elle a égoïstement volé la vedette à Solo et affiche complet dans toutes les guest-houses agglutinées autour de Sosrowijayan, le quartier des voyageurs. Et c’est là, bien entendu, que nous avons retrouvé tous les touristes abandonnés depuis les îles Gili.

Malgré l’intérêt porté par tant de gens pour Yogya (prononcé ''Jogja''), je dois admettre que nous attendions plus de notre ville hôte. Une fois passés les becaks essayant d’imposer leurs services et les vendeurs de batik leurs tissus bariolés, c’est encore à travers la foule à pied, à vélo, à mobylette, en voiture, en bus ou à charrette le long de Malioboro qu’il fallait se frayer un chemin. Nous avons pris la poudre d’escampette en découvrant cette avenue aux allures plus occidentales qu’asiatiques, jalonnée de McDo, KFC et autre fast-food du même type, et c’est plus loin que nous avons été chercher les perles cachées de Yogya (car il y en a !).

Le Kraton, encerclé d’une forteresse blanche, est le point central de cet ancien royaume. Une partie de la vieille ville, qui s’est effondrée il y a quelques années à la suite d’un tremblement de terre, en a fait un site archéologique étrange mais de charme. De petits warungs où savourer un thé aux fleurs d’hibiscus ou goûter la spécialité locale, le curry de jackfruit, agrémentent notre trajet jusqu’aux bains royaux (Taman Sari). Monuments bien conservés ou bâtiments en ruine, démons à langue pendante, jeux de lumière, art de rue à l’indonésienne… tout ça n’est qu’un condensé de choses qui attirent l’œil et attisent la curiosité lorsqu’on visite un nouvel endroit. Nous avons marché longtemps dans ce dédale de rues étroites entrelacées et avons même participé aux coutumes locales, dont celle de traverser deux gros arbres les yeux bandés dans l’espoir d’amasser un peu de chance !

Nous nous sommes ensuite perdus dans les multiples allées qui composent le marché Beringharjo, entre piments, paniers tressés et fruits exotiques. Nous avons respiré à plein nez les épices et acheté de nouvelles friandises colorées. Dans la rue, le soir venu, c’est encore à même le sol que nous prenions place pour goûter d’autres spécialités : ayam taliwang (poulet mariné aux épices), pecel lele (poisson aux cacahuètes), cap cay (mix de légumes cuits), tongseng (soupe de noix de coco),etc.

Le tour de la ville étant finalement vite fait, nous en sommes sortis dès le lendemain pour aller visiter un mausolée situé à quelques segments de bus de là. Marco eut l’occasion d’évaluer sa maîtrise de l’indonésien avec un autre passager qui ne cessait de lui répéter ''makan, makan'' (= manger). ''Imogiri, good makan ya? – aahh''. Nous en avions donc déduit qu’il y avait un endroit sympa où y manger, mais ce n’est que sur place que nous avons réalisé que le mot répété n’était pas ''makan'' mais ''malam'' = cimetière ! Perché sur une colline, ce lieu de pèlerinage pour de nombreux Indonésiens abrite la tombe du Sultan Agung (vieux de 4 siècles tout de même) et celle du père du présent sultan. Pour cette raison, il est demandé d’y entrer en tenue traditionnelle javanaise, et c’est avec amusement que je me suis laissé draper de deux sarongs par une habilleuse. Les pierres tombales principales sont situées à l’intérieur de tombeaux obscurs, gardées par des hommes accroupis à leur chevet et éclairées à la simple lueur d’une bougie. Au retour, le bus n’a pas daigné se montrer et c’est en ojeks (taxi-mobylette) durement négociés que nous sommes repartis vers Yogja, dans un quartier encore inconnu : Kota Gede.

Là, nous avons observé les ouvriers travailler les filaments d’argent tout en finesse. Ils créent essentiellement des bijoux et reproduisent les temples importants de la région. Sûrement un peu influencés par ces formes majestueuses, c’est à Prambanan que nous sommes allés passer notre dernière journée, un ensemble de temples bouddhistes et hindouistes datant du 9ème siècle. Pour la petite histoire, le royaume de Mataram était au 8ème siècle gouvernée par une dynastie hindoue, qui peu de temps après fût évincée par une famille de confession bouddhiste. Un siècle plus tard, l’Hindou Rakai Pikatan épousait une princesse du clan bouddhiste et reprenait les rênes du royaume ! Il fit alors construire Prambanan, dont les fresques dépeignent les histoires du Ramanaya, le livre sacré hindouiste ; et Sewu Temple, un autel bouddhiste en l’honneur de sa princesse. Nous nous sommes régalés les yeux dans ce complexe de pierres anciennes et cela reste encore aujourd’hui l’une des choses le plus belles que j’ai eu l’occasion de voir.

Et pour Borobudur, rendez-vous au prochain épisode !…



Come molte altre città asiatiche, Yogyakarta è stata scoperta dagli hippy negli anni Sessanta. In 50 anni le vie strette del quartiere del Malioboro si sono trasformate in un labirinto di alberghetti pieni di murales, negozi di batik stampato su nylon e bar in stile etnico, che imitano l’architettura locale per vendere le stesse bevande che troveresti a Mannheim o a Cantù. È un processo di aggiustamento che adatta alle necessità degli occidentali posti che gli occidentali stessi visitano in quanto esotici. Alla fine l’anima del luogo si scolora, ma anche se sospetti che sia così ci vai lo stesso, perché che fai, vai in Indonesia e non fai neanche un salto a Jogjakarta?

Ovviamente il discorso vale anche per noi. Malioboro è anche il nome del boulevard centrale della città, guarnito da file di calessi e beciak che ti vorrebbero portare tutti al kraton, 500 metri dritti come un fuso, passando attraverso l’enorme piazza circondata da diversi anelli di traffico. Il kraton stesso è più vasto di quello di Solo, un complesso di palazzi di stile in parte tradizionale e in parte in imitazione di quello coloniale. E anche qui, come a Solo, le mura racchiudono un intero quartiere con case antiche stipate una addosso all’altra e strade che faticano a ritagliarsi un percorso fra la calca edilizia. In mezzo, ormai persi fra le capanne, ci sono gli antichi bagni reali, un sistema di piscine e canali che 300 anni fa deve essere stato una meraviglia ingegneristica. Attorno a Yogya ci sono diversi reperti delle antiche civiltà buddiste e induiste che regnavano prima che l’Indonesia diventasse il più grande paese islamico al mondo.

Cominciamo da Imogiri, un mausoleo in cui sono sepolti, in cima ad una collina, re e sultani degli ultimi quattro secoli. Sulla lunga scalinata verso la cima, la parola d’ordine è “up to you”, “sta a te”. È una trovata ingegnosissima che richiede una spiegazione. All’entrata della maggior parte dei templi in Indonesia c’è un guardiano che raccoglie le donazioni dei turisti, invitandoti a decidere tu quanto vuoi dare. “Up to you”, ti dice, poi ti mette davanti il registro degli ospiti per farti annotare nome, cognome, nazione e importo, e tu ovviamente non vuoi certo fare una brutta figura davanti ai crucchi e agli scandinavi. Imogiri invece non ha guardiani ufficiali, ma diversi liberi professionisti che si piazzano in mezzo alla scalinata con una cassetta di legno e un ombrello, e con un sorriso disarmante ti rassicurano che sta a te decidere quanto dargli, imitando i guardiani ufficiali che hanno visto nei templi. E poi all’entrata c’è la vestizione, tradizionale, rituale e obbligatoria, con una mancia a chi ti tiene lo zaino, chi allaccia la tunica e possibilmente anche al tipo che ti mette davanti lo specchio. E mentre arranchi su per le scale con i vestiti da cerimonia già bagnati di sudore, tocca sborsare un migliaio di rupie per ognuna delle otto tombe per propiziarsi il morto. Il tutto fra sorrisi e risate, un po’ per simpatia, un po’ perché sfoggi con sicurezza le tue doti linguistiche, mentre in realtà hai confuso pietosamente le parole makan (mangiare) e malam (tomba). E comunque ai piedi della collina si mangia bene davvero, e per due rupie, e mentre pasteggiamo ci meravigliamo di essere rimasti soli all’improvviso. In effetti l’ultimo bus per Jogja passa alle 2 e quando decidiamo di tornare in città sono le 2.15, così ci tocca ingaggiare due motociclisti che ci riportano in città in stato di semiincoscienza, dribblando di corsa macchine e camion nel confuso traffico giavanese.

Il giorno dopo usciamo di nuovo dalla cittá per visitare Prambanan. È un antico complesso di templi buddisti e induisti, in perenne stato di restauro dopo essere stato centrifugato da diversi terremoti. Già da lontano si vedono le guglie fra il gotico e il fantascientifico dei templi dedicati a divinità induiste. Da vicino invece si osservano meglio i bassorilievi con storie tratte dalle scritture induiste e arricchite con meticolosi dettagli di vita quotidiana. Nessuno sembra curarsi molto degli altri templi a poche centinaia di metri. Eppure ci sarebbe anche Candi Sewu, con due soldati di pietra obesi che fanno la guardia alle rovine di templi buddisti non ancora restaurati. Non ha le proporzioni di quelli induisti, ma l’atmosfera solitaria e di abbandono lo rende ancora più affascinante. Per trovarlo basta camminare per poche centinaia di metri, oltre il minizoo e la pista per i quad, che uno si chede cosa ci stiano a fare nel parco di un complesso religioso.


Ma in fondo l’imprevedibilità è uno dei motivi per cui vale la pena di visitare posti con culture diverse dalla nostra. A meno che non siano i mezzi pubblici ad essere imprevedibili, ovviamente. E per evitare i brividi del motorino che fa lo slalom fra il traffico, stavolta ci informiamo in anticipo.

 

Ne vous déplaise, en dansant la Javanaise…

Anche a Surabaya ci si immerge nello spirito del luogo fin dall’arrivo. Sull’autobus dall’aeroporto si avvicendano i chitarristi e i passeggeri cantano con loro. Tutti fumano, ma almeno con le portiere aperte l’odore si disperde. Passiamo fra quartieri zeppi di gente per strada, impegnati nelle loro attività serali sotto luci fioche che escono dalle finestre delle capanne. Anche il generico centro dove l’autobus ci lascia ha l’aria diroccata e l’unica persona ancora attiva alle 9 di sera è l’attempato tassista a pedali che ci porterà sul suo becak verso primo albergo indicato sulla guida. Un anziano che manovra il suo triciclo con a bordo due stranieri con due zainoni gonfi, roba da sfidare la Convenzione di Ginevra.

Anche l’albergo non bada all’estetica, ma l’atmosfera è calda e c’è luce, forse l’unico posto nel vicinato. Siamo nel quartiere cinese e si sa, Mao insegna che l’estetica è retaggio di epoche oscure e passate. Alla luce del giorno abbiamo modo di riscontrare che ogni porta che si apre sulle vie della zona è una bottega di ferraglia e verdura, con l’isola felice di qualche tempio. In un androne ne troviamo uno tranquillo e colorato, diviso fra due edifici che si fronteggiano, dove si sta svolgendo una rappresentazione di marionette, con tanto di orchestra. Poi camminiamo verso il quartiere musulmano e tutto cambia all’improvviso, con case ordinate e intonacate di bianco.Qui al mercato si vendono generi più superflui, come tappeti, libri, stampe e dolci. I due quartieri confinano, ma la differenza è netta. Ma la demarcazione più estrema in questa città così eterogenea è nel quartiere commerciale, moderno e colorato di neon nei colori biancorossi della bandiera nazionale. Qui troviamo negozi di ispirazione occidentale, fontane e un sottomarino snaturato che veglia le folle dall’alto. Ci concediamo una ciambella, facendo bene attenzione alla scelta, perché agli indonesiani nei dolci piace metterci un po’ di formaggio, fuso o grattuggiato.

Nel vecchio centro coloniale onoriamo con una visita la fabbrica della Sempoerna, che dai tempi della dominazione olandese rimane il maggiore produttore di kretek. La parte antica – ma ancora attiva – della fabbrica è convertita in un museo pieno di turisti dall’Asia ricca, come sempre attratti dalle storie di successo commerciale.

Poche ore di treno fra campi e palmeti e si arriva a Solo, un tempo nota come Surakarta. È una città completamente differente, la differenza che c’è ovunque fra centri industriali e centri culturali. I viali sono larghi e puliti, l’architettura pianificata con più attenzione e la vita sembra più allegra (leggi più ricca). Dentro le mura del kraton, la cittadella fortificata con al centro il palazzo reale, si trova un’intera città dove ognuno sembra aver conquistato le cinque gioie dell’uomo indonesiano: casa, moglie, motorino, coltello (il famoso kriss di Sandokan) e uccellino in gabbia.

Si notano soprattutto gli uccelli, che cinguettano in tutta la città in gabbie esposte all’esterno delle case. E il mercato degli uccelli è uno dei posti più suggestivi. Ci si arriva in becak e ci si trovano specie coloratissime provenienti da Papua, ma anche pappagalli australiani, perché per i volatili non si bada a spese. Suoni e colori escono da tutti gli stand pieni di gabbie di legno. Uno solo espone specie completamente diverse, quello di un cinese con un picchio verde, alcuni pipistrelli, delle civette con lo sguardo triste e addirittura un istrice. Gli chiedo “Makan?” E lui purtroppo conferma. Questi animali sono in vendita per essere mangiati.

Passiamo due notti nella casa di una famiglia che affitta ai turisti due stanze che altrimenti sarebbero vuote. La nostra dà direttamente sulla strada, coperta a malapena da una piccola tenda e anche il grande vetro fra il nostro letto e quello dell’altra stanza è coperto solo da un lenzuolo di cotone. Ma è interessante vivere con la famiglia ospitante, sul cortile fra i motorini, le galline e i giochi dei bambini e farsi consigliare su come districarsi fra i passaggi stretti del labirinto del quartiere musulmano, dove vengono prodotti i famosi batik. A Solo non sono rimaste tracce del passaggio dei colonizzatori occidentali, e la città sta bene così, ordinata e pulita, segno che non sempre è l’uomo occidentale a portare ordine e organizzazione. La Lonely Planet dice che Solo è una versione più piccola di Jogjakarta, la cugina più famosa. Nella prossima tappa avremo modo di verificare di persona.


Surabaya et Surakarta sont deux villes importantes du Centre-est javanais, mais rien d’autre que leur situation géographique ne les rapproche. La première est une grosse plateforme industrielle et commerciale, polluée et au trafic encombrant, tandis que la seconde est la capitale culturelle de l’Indonésie, au rythme calme et reposant.

Nous sommes arrivés à Surabaya de nuit, et cette ville n’étant pas ce qu’on pourrait appeler une destination touristique, il nous fallut un temps certain pour trouver nos marques et surtout le bus rejoignant le centre. Plus d’une heure après nous étions enfin en piste dans un autocar bondé où se succédèrent joyeusement joueurs de guitare et de ukulélé. Ma foi, c’est plutôt agréable, les gens n’ont pas l’air dérangés et donnent toujours une p’tite piécette (… imaginez quand même la valeur d’une pièce en Indonésie !!) Étant arrivés entiers à destination, je vous dirais que rien ne nous embêtait vraiment. Bah oui, c’est que voler en Indonésie n’est pas une mince affaire quand on sait que la quasi-totalité de leur flotte aérienne figure sur la liste noire des registres internationaux… alors qui plus est choisir une compagnie low-cost, il fallait être un peu fous ! À l’arrêt du bus, nous avons sauté dans ce qui allait vite devenir notre mode de locomotion préféré, un becak, sorte de pousse-pousse sur bicyclette, pour finir le trajet jusqu’à l’hôtel.

Contrairement aux transports publics, il ne faut pas longtemps pour comprendre que Surabaya est l’antithèse d’elle-même. D’un côté, il y a la vieille ville où cohabitent, entre Chinatown et Qubah (le quartier arabe nettement plus riche que son voisin), une population modeste, des bâtiments coloniaux délabrés, des becaks à gogo, le vieux port de marchandises, ainsi que le marché Pabean où les épluchures d’oignon et d’ail recouvrent le sol. (J’ai d’ailleurs pris une photo de deux éplucheuses en échange d’une petite donation et en un rien de temps me suis retrouvée entourée d’une dizaine de femmes voulant se faire tirer le portrait !). De l’autre, une cité moderne, occidentale à outrance – je dirais-même-plus, A-MÉ-RI-CAI-NE ! –, aux boutiques tendance et aux fast-foods trop présents. Il y a quelque chose de choquant quand on passe de l’un à l’autre sans préavis, comme si ces deux mondes-là ne pouvaient pas cohabiter si simplement. Les donuts au chocolat-fromage rappellent quand même qu’on n’est pas en terrain si familier que ça !

Nous avons également visité la maison de Sampoerna, où sont fabriquées les kreteks, les célèbres cigarettes sucrées indonésiennes. Elles renferment un ingrédient qui laisse un goût acidulé sur les lèvres : des clous de girofle. Les ouvrières qui y travaillent roulent, encore de nos jours, les cigarettes à la main, mais à cause de la fin du Ramadan, nous n’avons pas pu les voir à l’œuvre. Ah ce Ramadan, il commençait sérieusement à nous casser les pieds ! Lorsque nous avons voulu acheter nos billets de train pour Surakarta, le prix des billets était multiplié par deux car tous les Indonésiens rentraient dans leur famille pour célébrer Idul Fitri… ou la fin du Ramadan !

Prendre le train en Indonésie est une aventure en soi. Non pas que les trains aient quoique ce soit à envier à leurs homologues européens (ils ont juste des ventilos au plafond en plus), mais l’accès au train est comme qui dirait peu commun. Le portail d’accès aux quais n’ouvrant que quelques minutes avant, les gens s’entassent autour pour être sûrs de pouvoir passer quand leur train sera appelé. Une fois le premier quai atteint (alléluia !), il n’y a pas de passage souterrain pour accéder aux autres ! Le seul moyen est alors de traverser les trains sur les quais un par un, en espérant qu’aucun d’entre eux ne démarre alors qu’on est encore coincé dedans !

Surakarta, plus connue aujourd’hui sous le nom de Solo, fut au 18ème siècle l’une des capitales de la dynastie musulmane de Mataram et demeure de nos jours un gage de tradition de la culture javanaise. Simple mais élégante, elle garde en elle le charme des villes royales d’antan. Le Kraton Surakarta, sorte de ville fortifiée dans la ville, qui héberge en son centre l’un des anciens palais royaux, et l’Istana Mangkunegaran, résidence actuelle de membres de la famille aristocratique, en sont les meilleures preuves. Lors de notre visite de l’Istana, notre guide indonésienne nous a remplis les oreilles d’histoires, contes et anecdotes dépassant largement le blabla touristique du site visité. Un vrai régal. C’est au cœur du Kampung Winongan que nous avions élu domicile. Les rues étroites, aux fresques murales bleutées, de ce village dans la ville dégageaient un air rafraichissant et décontracté après une bonne journée de marche hors de ses frontières. Nous avons logé chez l’habitant, à un prix battant tout record (4,5€ pour deux !) et mangé des mie/nasi goreng au petit déjeuner. LO-CAL !

Solo est aussi la ville de tous les marchés : Pasar Klewer, le marché aux batiks, remplis d’étoffes colorées, qui ferait presque penser aux puces de Clignancourt ; Pasar Triwidu, le marché dédié aux antiquaires et collectionneurs ; Pasar Gede, où fruits, légumes et épices se mêlent en pagaille ; et enfin Pasar Depok, le marché aux oiseaux. En se baladant dans les rues de Solo, on remarque que de nombreuses devantures de maison arborent un petit oiseau en cage. C’est parce qu’en Indonésie, la reconnaissance d’un homme (d’un vrai) passe par cinq composantes : il doit avoir une femme, une maison, une monture (de nos jours une voiture), un kris (poignard emblématique) et un oiseau ! Cela dit, au marché aux oiseaux, tous ne sont pas là pour servir d’ornementation ; les hiboux et chauves-souris finiront en soupe dans l’estomac des Indonésiens d’origine chinoise !

À la nuit tombée, c’est au marché de nuit de Galabo que les troupes se rassemblent. On y savoure, sur de grands tapis posés à même le sol, un délicieux nasi liwet, l’un des plats locaux consistant en du riz cuit dans du lait de coco. Puis le show continue au concert de gamelan, un orchestre d’instruments traditionnels, joué dans la cour intime de la guest-house voisine. Et en matière de spectacle, ça ne s’arrête pas là ; saviez-vous que les mouvements raffinés des danses traditionnelles indonésiennes décrivent en fait des activités quotidiennes ? Un peu comme la tektonik en somme ! Alors si jamais on séchait sur la Javanaise, on a de quoi se rattraper !