Ne vous déplaise, en dansant la Javanaise…

Anche a Surabaya ci si immerge nello spirito del luogo fin dall’arrivo. Sull’autobus dall’aeroporto si avvicendano i chitarristi e i passeggeri cantano con loro. Tutti fumano, ma almeno con le portiere aperte l’odore si disperde. Passiamo fra quartieri zeppi di gente per strada, impegnati nelle loro attività serali sotto luci fioche che escono dalle finestre delle capanne. Anche il generico centro dove l’autobus ci lascia ha l’aria diroccata e l’unica persona ancora attiva alle 9 di sera è l’attempato tassista a pedali che ci porterà sul suo becak verso primo albergo indicato sulla guida. Un anziano che manovra il suo triciclo con a bordo due stranieri con due zainoni gonfi, roba da sfidare la Convenzione di Ginevra.

Anche l’albergo non bada all’estetica, ma l’atmosfera è calda e c’è luce, forse l’unico posto nel vicinato. Siamo nel quartiere cinese e si sa, Mao insegna che l’estetica è retaggio di epoche oscure e passate. Alla luce del giorno abbiamo modo di riscontrare che ogni porta che si apre sulle vie della zona è una bottega di ferraglia e verdura, con l’isola felice di qualche tempio. In un androne ne troviamo uno tranquillo e colorato, diviso fra due edifici che si fronteggiano, dove si sta svolgendo una rappresentazione di marionette, con tanto di orchestra. Poi camminiamo verso il quartiere musulmano e tutto cambia all’improvviso, con case ordinate e intonacate di bianco.Qui al mercato si vendono generi più superflui, come tappeti, libri, stampe e dolci. I due quartieri confinano, ma la differenza è netta. Ma la demarcazione più estrema in questa città così eterogenea è nel quartiere commerciale, moderno e colorato di neon nei colori biancorossi della bandiera nazionale. Qui troviamo negozi di ispirazione occidentale, fontane e un sottomarino snaturato che veglia le folle dall’alto. Ci concediamo una ciambella, facendo bene attenzione alla scelta, perché agli indonesiani nei dolci piace metterci un po’ di formaggio, fuso o grattuggiato.

Nel vecchio centro coloniale onoriamo con una visita la fabbrica della Sempoerna, che dai tempi della dominazione olandese rimane il maggiore produttore di kretek. La parte antica – ma ancora attiva – della fabbrica è convertita in un museo pieno di turisti dall’Asia ricca, come sempre attratti dalle storie di successo commerciale.

Poche ore di treno fra campi e palmeti e si arriva a Solo, un tempo nota come Surakarta. È una città completamente differente, la differenza che c’è ovunque fra centri industriali e centri culturali. I viali sono larghi e puliti, l’architettura pianificata con più attenzione e la vita sembra più allegra (leggi più ricca). Dentro le mura del kraton, la cittadella fortificata con al centro il palazzo reale, si trova un’intera città dove ognuno sembra aver conquistato le cinque gioie dell’uomo indonesiano: casa, moglie, motorino, coltello (il famoso kriss di Sandokan) e uccellino in gabbia.

Si notano soprattutto gli uccelli, che cinguettano in tutta la città in gabbie esposte all’esterno delle case. E il mercato degli uccelli è uno dei posti più suggestivi. Ci si arriva in becak e ci si trovano specie coloratissime provenienti da Papua, ma anche pappagalli australiani, perché per i volatili non si bada a spese. Suoni e colori escono da tutti gli stand pieni di gabbie di legno. Uno solo espone specie completamente diverse, quello di un cinese con un picchio verde, alcuni pipistrelli, delle civette con lo sguardo triste e addirittura un istrice. Gli chiedo “Makan?” E lui purtroppo conferma. Questi animali sono in vendita per essere mangiati.

Passiamo due notti nella casa di una famiglia che affitta ai turisti due stanze che altrimenti sarebbero vuote. La nostra dà direttamente sulla strada, coperta a malapena da una piccola tenda e anche il grande vetro fra il nostro letto e quello dell’altra stanza è coperto solo da un lenzuolo di cotone. Ma è interessante vivere con la famiglia ospitante, sul cortile fra i motorini, le galline e i giochi dei bambini e farsi consigliare su come districarsi fra i passaggi stretti del labirinto del quartiere musulmano, dove vengono prodotti i famosi batik. A Solo non sono rimaste tracce del passaggio dei colonizzatori occidentali, e la città sta bene così, ordinata e pulita, segno che non sempre è l’uomo occidentale a portare ordine e organizzazione. La Lonely Planet dice che Solo è una versione più piccola di Jogjakarta, la cugina più famosa. Nella prossima tappa avremo modo di verificare di persona.


Surabaya et Surakarta sont deux villes importantes du Centre-est javanais, mais rien d’autre que leur situation géographique ne les rapproche. La première est une grosse plateforme industrielle et commerciale, polluée et au trafic encombrant, tandis que la seconde est la capitale culturelle de l’Indonésie, au rythme calme et reposant.

Nous sommes arrivés à Surabaya de nuit, et cette ville n’étant pas ce qu’on pourrait appeler une destination touristique, il nous fallut un temps certain pour trouver nos marques et surtout le bus rejoignant le centre. Plus d’une heure après nous étions enfin en piste dans un autocar bondé où se succédèrent joyeusement joueurs de guitare et de ukulélé. Ma foi, c’est plutôt agréable, les gens n’ont pas l’air dérangés et donnent toujours une p’tite piécette (… imaginez quand même la valeur d’une pièce en Indonésie !!) Étant arrivés entiers à destination, je vous dirais que rien ne nous embêtait vraiment. Bah oui, c’est que voler en Indonésie n’est pas une mince affaire quand on sait que la quasi-totalité de leur flotte aérienne figure sur la liste noire des registres internationaux… alors qui plus est choisir une compagnie low-cost, il fallait être un peu fous ! À l’arrêt du bus, nous avons sauté dans ce qui allait vite devenir notre mode de locomotion préféré, un becak, sorte de pousse-pousse sur bicyclette, pour finir le trajet jusqu’à l’hôtel.

Contrairement aux transports publics, il ne faut pas longtemps pour comprendre que Surabaya est l’antithèse d’elle-même. D’un côté, il y a la vieille ville où cohabitent, entre Chinatown et Qubah (le quartier arabe nettement plus riche que son voisin), une population modeste, des bâtiments coloniaux délabrés, des becaks à gogo, le vieux port de marchandises, ainsi que le marché Pabean où les épluchures d’oignon et d’ail recouvrent le sol. (J’ai d’ailleurs pris une photo de deux éplucheuses en échange d’une petite donation et en un rien de temps me suis retrouvée entourée d’une dizaine de femmes voulant se faire tirer le portrait !). De l’autre, une cité moderne, occidentale à outrance – je dirais-même-plus, A-MÉ-RI-CAI-NE ! –, aux boutiques tendance et aux fast-foods trop présents. Il y a quelque chose de choquant quand on passe de l’un à l’autre sans préavis, comme si ces deux mondes-là ne pouvaient pas cohabiter si simplement. Les donuts au chocolat-fromage rappellent quand même qu’on n’est pas en terrain si familier que ça !

Nous avons également visité la maison de Sampoerna, où sont fabriquées les kreteks, les célèbres cigarettes sucrées indonésiennes. Elles renferment un ingrédient qui laisse un goût acidulé sur les lèvres : des clous de girofle. Les ouvrières qui y travaillent roulent, encore de nos jours, les cigarettes à la main, mais à cause de la fin du Ramadan, nous n’avons pas pu les voir à l’œuvre. Ah ce Ramadan, il commençait sérieusement à nous casser les pieds ! Lorsque nous avons voulu acheter nos billets de train pour Surakarta, le prix des billets était multiplié par deux car tous les Indonésiens rentraient dans leur famille pour célébrer Idul Fitri… ou la fin du Ramadan !

Prendre le train en Indonésie est une aventure en soi. Non pas que les trains aient quoique ce soit à envier à leurs homologues européens (ils ont juste des ventilos au plafond en plus), mais l’accès au train est comme qui dirait peu commun. Le portail d’accès aux quais n’ouvrant que quelques minutes avant, les gens s’entassent autour pour être sûrs de pouvoir passer quand leur train sera appelé. Une fois le premier quai atteint (alléluia !), il n’y a pas de passage souterrain pour accéder aux autres ! Le seul moyen est alors de traverser les trains sur les quais un par un, en espérant qu’aucun d’entre eux ne démarre alors qu’on est encore coincé dedans !

Surakarta, plus connue aujourd’hui sous le nom de Solo, fut au 18ème siècle l’une des capitales de la dynastie musulmane de Mataram et demeure de nos jours un gage de tradition de la culture javanaise. Simple mais élégante, elle garde en elle le charme des villes royales d’antan. Le Kraton Surakarta, sorte de ville fortifiée dans la ville, qui héberge en son centre l’un des anciens palais royaux, et l’Istana Mangkunegaran, résidence actuelle de membres de la famille aristocratique, en sont les meilleures preuves. Lors de notre visite de l’Istana, notre guide indonésienne nous a remplis les oreilles d’histoires, contes et anecdotes dépassant largement le blabla touristique du site visité. Un vrai régal. C’est au cœur du Kampung Winongan que nous avions élu domicile. Les rues étroites, aux fresques murales bleutées, de ce village dans la ville dégageaient un air rafraichissant et décontracté après une bonne journée de marche hors de ses frontières. Nous avons logé chez l’habitant, à un prix battant tout record (4,5€ pour deux !) et mangé des mie/nasi goreng au petit déjeuner. LO-CAL !

Solo est aussi la ville de tous les marchés : Pasar Klewer, le marché aux batiks, remplis d’étoffes colorées, qui ferait presque penser aux puces de Clignancourt ; Pasar Triwidu, le marché dédié aux antiquaires et collectionneurs ; Pasar Gede, où fruits, légumes et épices se mêlent en pagaille ; et enfin Pasar Depok, le marché aux oiseaux. En se baladant dans les rues de Solo, on remarque que de nombreuses devantures de maison arborent un petit oiseau en cage. C’est parce qu’en Indonésie, la reconnaissance d’un homme (d’un vrai) passe par cinq composantes : il doit avoir une femme, une maison, une monture (de nos jours une voiture), un kris (poignard emblématique) et un oiseau ! Cela dit, au marché aux oiseaux, tous ne sont pas là pour servir d’ornementation ; les hiboux et chauves-souris finiront en soupe dans l’estomac des Indonésiens d’origine chinoise !

À la nuit tombée, c’est au marché de nuit de Galabo que les troupes se rassemblent. On y savoure, sur de grands tapis posés à même le sol, un délicieux nasi liwet, l’un des plats locaux consistant en du riz cuit dans du lait de coco. Puis le show continue au concert de gamelan, un orchestre d’instruments traditionnels, joué dans la cour intime de la guest-house voisine. Et en matière de spectacle, ça ne s’arrête pas là ; saviez-vous que les mouvements raffinés des danses traditionnelles indonésiennes décrivent en fait des activités quotidiennes ? Un peu comme la tektonik en somme ! Alors si jamais on séchait sur la Javanaise, on a de quoi se rattraper !

Mataram pique et pique et colle et gramme

… bourre et bourre et ratatam, Mataram ! C’est à Mataram, capitale de Lombok, que nous avons refait surface sur la terre ferme et notre retour à la civilisation. Il nous tardait de retrouver la nourriture locale (à prix local aussi) et de voir plus de visages autochtones que de fesses blanches en quête de bronzage sur la plage ! C’est aussi à Mataram qu’il nous a fallu faire un choix – et pas des moindres – concernant la suite du voyage : virer vers l’Est direction Komodo & ses dragons, Sumbawa et Flores, ou revenir sur nos pas direction Java, haut-lieu de la culture indonésienne ?...

Nous nous sommes laissé absorber par Mataram deux petits jours, le temps de faire le point et de vérifier différentes options sur Internet. Non pas que cette ville soit fascinante ou belle, mais il y avait assez à y faire pour deux personnes recherchant autre chose que la farniente au soleil. Nous avons commencé par le centre commercial pour faire le plein d’articles en voie de déperdition… gel douche, rasoirs, piles, lampe frontale pour Marco, carnets, etc. et y goûter leurs délicieux donuts (mais si, c’est local !). Puis nous avons visité les maigres centres d’intérêt de la ville, dont un palais d’eau laissé à l’abandon, mais qui nous valut une discussion sympathique avec un Balinais émigré sur Lombok et la rencontre avec une bande de joyeuses nénettes qui usèrent de leurs charmes en vain pour soutirer ses lunettes à Marco. Le temple Pura Meru aux trois ''tiges poilues'' suggestives fut en réalité la seule attraction digne de ce nom. Un méru est un autel à collerettes dressé en l’honneur d’une divinité ; ici à l’attention de Brahma, Vishnu et Shiva, ils représentent également les trois montagnes sacrées d’Indonésie : Rinjani, Agung et Bromo.

Nous sommes ensuite allés faire un tour dans la campagne alentour. Pour cela, une solution simple s’offrait à nous : emprunter son scooter à un type posté dans la rue. Peu commun, mais rapide et efficace. Nous avons alors vagabondé d’un temple à l’autre, avec pour unique décor des champs de riz et de tabac à perte de vue, et les nombreux autres deux-roues nous encerclant. Je dois dire que parfois la circulation a quelque chose d’un peu flippant, surtout lorsque les conducteurs n’ont clairement aucune notion des priorités ! Nous avons revêtu, pour la énième fois, l’accoutrement de rigueur pour visiter les temples hindous : un sarong et un sash (genre de paréo et de ceinture) qui, selon la coutume balinaise, symbolisent la pureté de la personne qui les porte. Mesdames, notez qu’il est interdit aux femmes enceintes ou ayant leurs menstruations de pénétrer dans un temple !

Aux portes de Pura Lingsar, des enfants vendaient un étrange élixir de jouvence, tandis qu’à l’intérieur priaient des croyants de confession à la fois hindoue et musulmane. Aux portes de Pura Suranadi se trouvait un petit marché local où nous avons mangé un gado-gado (mélange de légumes recouvert de sauce aux cacahuètes) au goût et au prix imbattables ! Aux portes de Pura Pengsong nous attendaient une horde de macaques et un gardien peu scrupuleux. Ce ne sont pas les plus beaux temples que j’ai vus jusque-là mais chacun d’eux nous a délivré sa petite anecdote personnelle. La route nous a ensuite menés vers des villages perdus dans les collines et la terre battue a soudain remplacé l’asphalte. Bien loin des destinations touristiques, où les regards se posaient sur nous comme un bienvenu ou une menace – question de personne, de feeling ou d’interprétation personnelle.

Le lendemain, c’est en direction de l’aéroport que nous avons repris la route, pour nous envoler ensuite vers Surabaya. Nous avions finalement choisi d’aller danser la javanaise…


Mataram è la capitale di Lombok, una città poco attraente, di uffici e negozi. Qui dovremo decidere come procedere: ad Est verso Sumbawa e Komodo, o ad Ovest per vedere meglio Giava? Per il mese che ci rimane dobbiamo scegliere una direzione.

Ci prendiamo un paio di giorni per decidere, mentre cerchiamo di approfittare di quello che può offrire una città senza turisti. E il meglio è il cibo che si mangia lungo le strade, sotto gazebo improvvisati, con i cuochi orgogliosi di servire ospiti stranieri. Qui le specialità sono l’Ayam Bakar, pollo fritto con salsa sambal infuocata, e il Pecel Lele, pesce gatto fritto con salsa di arachidi.

Affittiamo anche un motorino per visitare i dintorni. Ci sono decine di templi del culto locale, che unisce induismo balinese ed islam indonesiano in gradazioni personalizzabili da parte dell’utente. In pratica i templi sono polivalenti, di stile induista, ma con un’area dedicata per il culto islamico. Solo qui i fedeli di Maometto offrono uova alle anguille sacre.

Sulla strada ci fermiamo nel villaggio di Sesaot, dove la gente non è abituata agli stranieri e ci accoglie fra battute e commenti. Non si capisce bene se ridono con noi o di noi, ma non riusciamo a non sentirci fuori posto, come se ci stessimo intromettendo in qualcosa che non ci appartiene. Così dopo una breve ronda riprendiamo possesso del mezzo e continuiamo scavalcando un monte con coltivazioni di tabacco e vivai di tek, dove il profumo dolce del tabacco fresco vince sul fumo dei motori sbiellati che ci accompagnano lungo la strada.

E sul da farsi finisce che decidiamo all’ultimo minuto, con i prezzi dei voli che salgono di ora in ora, mentre facciamo la spola fra internet e gli uffici delle compagnie aeree con gli zaini in spalla. Alla fine prenotiamo un volo per Surabaya, nel centro di Giava, e ci rimane solo il tempo per prendere un taxi verso l’aeroporto e fare il check-in. Invece del drago di Komodo, osserveremo la vita quotidiana dell’isola più popolosa dell’Indonesia.