When? August 27-Sept. 2
Pictures: LOMBOK - Gili Islands
On the map: Point 26
Dopo la scalata vogliamo solo riposarci, così, come quasi tutti gli altri sopravvissuti all’impresa, accettiamo un passaggio gratuito versol’isola Gili Trawangan.
Ci togliamo gli scarponi ancora pieni di polvere lavica e saliamo su di una barca di legno che in piena notte rimbalza come una palla da tennis fra un’onda e l’altra. L’isola è una striscia di luce e rumore che si avvicina, dopo il silenzio e il buio di Lombok. Sbarchiamo su di una spiaggia che guarda da sotto in su bar e ristoranti di una Rimini tropicale. Stanchi, sporchi e vestiti da montagna, con lo zainone in spalla, dobbiamo sfilare fra i tavoli di un raffinato ristorante di pesce, dove decine di visi pallidi interrompono a metà strada il percorso piatto-bocca di forchette con attaccati pezzi di barracuda.
Le Gili sono tre isole perfettamente rotonde: Gili Air, Gili Meno e Gili Trawangan, in rigoroso ordine di distanza dalla costa, dimensione e sfruttamento commerciale. Abbiamo scelto Trawangan per risparmiare qualche migliaio di rupie sull’alloggio, ma abbiamo trovato un mondo di discoteche, Irish pub e pizzerie. Essere qui o a Ibiza non fa nessuna differenza. Almeno fino alle 11 di sera, perché Allah ha raggiunto un compromesso in cui i vacanzieri si impegnano a spegnere le luci dei bar a quell’ora durante il Ramadan. Ma Ramadan significa anche che tutte le mangerie gestite dai locali sono chiuse. Quindi, considerando che nei ristoranti di stile occidentale il nasi goreng costa quindici volte tanto che su Lombok, tanto vale nutrirsi per qualche giorno di hamburger e pizza (peraltro deliziosa, cotta su forno a legno da dei ragazzi genovesi).
Vorremmo rimanere il meno possibile, ma Aurélie scopre che è il posto migliore per compiere una delle sue missioni per il viaggio: ottenere la licenza PADI per l’immersione subacquea. Così si iscrive ad un corso di tre giorni, mentre io affitto bicicletta e maschera subacquea e vado alla scoperta dell’isola. A dire il vero c’è poco da scoprire, almeno sulla terraferma: il perimetro si percorre in un’ora e mezza a piedi (la bicicletta, sulla sabbia, si rivela praticamente inutile) e l’interno è un’enorme discarica dove gli autoctoni bruciano gli avanzi dei turisti nei giardini delle loro capanne. Le immersioni danno più soddisfazione: nuoto con tartarughe marine e pesci di colori pacchiani, o provo a farlo, mentre la corrente mi trascina via con la forza di una madre con un figlio davanti alla vetrina dei giocattoli.
E poi Aurélie torna a casa con la licenza e decidiamo che forse vale davvero la pena di spendere il doppio per una stanza su Gili Meno. Ed è una saggia decisione. Meno è spettacolare. Il perimetro si percorre in un’ora, ma l’interno è pieno di minuscoli villaggi fra palmeti e laghi salati pieni di uccelli. Il silenzio ci rilassa nella nostra capanna che in realtà è un grande letto con un baldacchino di legno e quattro tende di canne. E qui gli unici ristoranti sono locali e il Ramadan è appena finito, così la sera festeggiamo con pesce e gado-gado a prezzi che bilanciano quelli dell’alloggio. a spiaggia di Trawangan è solo una fascia di luce che si vede dall’altra parte dell’isola, come apparirebbe l’inferno dal paradiso.
Ça ne nous chatouillait pas plus que ça de visiter les îles Gili, un archipel de trois petites îles au large de Sengiggi, mais comme le prix du trek incluait la traversée et que nos gambettes commençaient à réclamer de nouveau leur lot de chaise longue, nous nous sommes laissé tenter. Les langues se déliant petit à petit, nous avons appris du même coup que nous n’avions pas tous déboursé la même somme pour un package proposant les mêmes services, ce qui mettait sérieusement en doute (ou à l’honneur !) nos talents de négociateurs… Heureusement, Marco et moi nous situions dans la moyenne.
Il faisait déjà nuit noire lorsque nous sommes arrivés au petit port de Bangsal et nous ne pouvions donc pas voir le radeau sur lequel nous allions embarquer. Et vous me direz peut-être tant mieux, car il y a de forte chance que je ne sois pas montée sinon ! C’est bien simple, il s’agissait d’une barque en bois, avec pour seul phare une lampe torche et, à son bord, deux types n’ayant pas franchement l’air de navigateurs expérimentés. La mer étant agitée ce soir-là, le bateau tanguait à souhait et donnait la désagréable sensation qu’il pouvait se retourner à tout instant. Autant dire que nous étions tous plus mortifiés les uns que les autres. Le genre de moment où l’on n’ose pas regarder son voisin de peur de communiquer son anxiété. Nous avons finalement tous crié ouf en apercevant au loin les lumières de Gili Trawangan et c’est à même la plage que notre bateau s’est échoué. Arrivée triomphale en treillis tout crado derrière la ligne de restaurants de l’île !
À première vue, nous n’avons pas été très inspirés par Gili Trawangan. Ni à deuxième vue d’ailleurs non plus. L’un des côtés de l’île, étrangement le plus beau, est un remake miniature du Club Med, avec ses restos et clubs à gogo ; le centre quant à lui héberge les autochtones, les vaches et une déchetterie béante en pleine nature ; et de l’autre côté, bien que plus sauvage et déserté, la marée basse fait place à des bancs de sable et des algues peu attrayantes. Il y règne toutefois une agréable ambiance de village vacances, où les seuls transports admis sont les carrioles à cheval et les bicyclettes. Nous avions choisi de faire le tour de l’île à vélo, mais nos roues s’enlisaient tellement dans le sable que nous avons passé le plus clair de notre temps à pousser sur notre soi-disant monture ! Gili T, zéro pointé. Et pourtant, comble du paradoxe, nous y sommes restés cinq jours… Alors pourquoi ? Car j’y ai passé mon Padi, pardi !
Cela faisant un moment que je lorgnais sur les centres de plongée sans pour autant oser me jeter à l’eau. Mais comme c’était peut-être ma dernière opportunité du voyage, j’y ai réfléchi à deux fois avant de le remettre à plus tard. Je me suis alors inscrite chez DreamDivers car j’aimais bien leur slogan ''Dream It, Do It!'', et c’est avec Chris, mon instructeur allemand, que j’ai commencé mes cours particuliers en franco-germano-anglais. Au programme : 3 jours de formation, 5 plongées en piscine, 3 en mer, un bouquin de 250 pages à bûcher et un test écrit me permettant d’obtenir un certificat Open Water (1er niveau permettant de plonger à 18m). Et tandis que Marco vaquait à ses occupations (visite de l’île, snorkeling, lecture, dodo, ordi et Internet) ou partait boire des coups avec les gens rencontrés pendant le trek, de mon côté je pataugeais dans un nouveau monde fait de poissons colorés et de nouveaux concepts techniques… flottabilité positive, équilibrage de l’espace aérien, courant d’arrachement, narcose à l’azote… quitte à m’endormir littéralement sur mon bouquin !
J’aurais peut-être dû accepter les offres répétées des dealers de champignons dans la rue de notre guest-house… ''You look a bit tired mister, you want something?'', mais c’est finalement sans que j’ai décroché mon Padi ! [Gili T eut un jour sa place sur la scène hippie et attire toujours son nombre de backpackers en quête de sensations hypnotiques plus qu’aquatiques...] Tant d’heures passées la tête sous l’eau et dans mon manuel ont fini par porter leurs fruits et c’est avec délectation que nous avons fêté l’événement autour d’une bonne pizza sicilienne et d’une Bintang, la cultissime bière balinaise. Il faut dire que manger local sur Gili n’est pas chose facile, mais ce jour-là, on ne s’en est pas plaint ! Et même si cette période de fin de ramadan n’était pas vraiment propice à l’ambiance party-party de l’île, on a pu également assister à une procession religieuse nocturne digne de ce nom. DJ Muezzin on the mic, s’il vous plaît !
Outre l’enthousiasme d’avoir obtenu ma certification et d’avoir nagé en compagnie de magnifiques poissons et d’une grosse tortue de mer, c’est surtout le fait de passer du temps avec et pour moi-même qui m’a fait beaucoup de bien. De pouvoir ''ramener'' quelque chose de ce voyage aussi. Et d’avoir dépassé mes peurs et ma claustrophobie. Sous l’eau on est seul avec ses pensées dans un monde de silence, ce qui peut vite être flippant, mais la plongée est justement un excellent moyen de se maîtriser et de calmer son anxiété.
Cinq jours sur une île peuvent sembler amplement suffisants. Ils le sont. Mais nous avons quand même tenu à finir sur une touche plus agréable. À Gili Meno, la deuxième île de l’archipel et sûrement la plus jolie. Fermez les yeux et imaginez… hutte de bambou entourée de voilages, bains de mer rafraîchissants, ananas frais sur la plage, milkshakes à la banane et au lait de coco… Deux petits jours de parfaite sérénité, à se faire chatouiller les orteils par le reflux d’eau turquoise, pour clore en beauté cette histoire de Gili.
Mighty Rinjani
When? August 24-26
Pictures: LOMBOK - Rinjani
On the map: Point 25
La scalata del vulcano Rinjani è uno dei ricordi più belli dei nostri mesi in Asia. Lo immaginiamo già prima di partire per l’escursione, eppure siamo agitati, perché sappiamo che questo ricordo dovremo guadagnarcelo con fatica, e che non è sicuro che riusciremo ad arrivare in cima.
L’impresa comincia con Allah che ci sveglia alle 4 di notte e due ore di autobus. A me tocca sedere sul pavimento perché nel gruppo c’è una persona in più del massimo stabilito. Tutti dormono, tranne me, che osservo il nero senza luci dell’entroterra di Lombok sputando di tanto in tanto bestemmie rivolte a diverse divinità mono e politeiste.
Prima di partire per la camminata, un indonesiano chiamato Hartmut Krueger ci spiega il programma che ci attende, e sarebbe quasi meglio non lo facesse: “È solo quando crederete di essere quasi arrivati che comincerete veramente a sputare sangue”. Comunque ormai ci siamo dentro e i primi passi sono pieni di entusiasmo, fra campi di banani e cacao. Nel gruppo siamo in 15: olandesi, tedeschi, francesi e inglesi. Io sono l’unico a non avere nessun altro con cui parlare la mia lingua, ma ormai ci sono abituato. E comunque la salita colpisce i polmoni e nessuno ha voglia di chiacchierare: anche durante le poche pause siamo troppo stanchi per andare oltre i sorrisi.
La guida si presenta durante la prima pausa, raccontandoci di quando lavorava nelle piantagioni di gomma in Malesia. Per poter tornare in Indonesia pare abbia dovuto rapinare dieci colleghi cingalesi, minacciandoli con il machete. Non serve credergli per trovarlo un buon narratore. E ad impressionarci basta il fatto che abbia intenzione di scalare la montagna in ciabatte di plastica, carburando a forza di kretek, i sigaretti aromatizzati con chiodi di garofano che costituiscono parte fondamentale della dieta del maschio indonesiano.
Da qui si comincia a salire davvero, affondando nella sabbia vulcanica, fatta di polvere finissima che non lascerà mai più le mie scarpe. Gli unici a non sprofondare nella polvere sono i portantini, anche loro in ciabatte, che ci superano correndo. Poi, appena li perdiamo di vista, si fermano per fumare un kretek e li raggiungiamo di nuovo. Ma il loro sforzo è comunque impressionante, condiderando che oguno porta due pesanti ceste piene di viveri e tende, appese ai lati di un pesante bastone di legno.
Al tramonto siamo già in alto, su un crinale coperto di erba secca, che sembra galleggiare fra le nuvole. Appena scende la notte le folate di vento gelido bussano alla porta delle nostre tende. Noi non apriamo, ma il gelo entra lo stesso. La mattina dopo ci riscaldiamo a forza di muscoli, mentre saliamo fino a trovarci davanti ad un miraggio: la parete di polvere ed erba secca si apre in un cratere con pareti coperte di pini, che scendono a picco in un lago turchese con un diametro di diversi chilometri. Al centro emerge un altro vulcano più piccolo, con una colonna di fumo che si alza dalla cima: è come trovare un mondo dentro un altro mondo, forse la riserva degli ultimi dinosauri. Noi dovremo scendere verso il lago e salire di nuovo, verso il punto più alto del cratere. Vedendolo là, sul lato opposto, sembra impossibile pensare di poterci arrivare in 24 ore. Così qualcuno abbandona già l’impresa, mentre noialtri scendiamo verso il lago, scegliendo con attenzione le rocce su cui appoggiare i piedi. Vorremmo evitare di fare la fine di quel turista francese che qualche anno fa qui ha trovato un paradiso tutt’altro che metaforico.
Durante la discesa il vento è freddo e il sole, quando appare fra i pini, arrostisce senza scaldare. Arriviamo alla riva del lago sfiniti e infreddoliti, ma stavolta abbiamo diritto a qualche minuto di sollievo. La guida ci indica una parete dalla quale sale un fumo vaporoso. Dietro troviamo una sorgente di acqua sulfurea color verde smeraldo. Per un’ora rimaniamo a bagno nell’acqua bollente, senza preoccuparci di quello che ci aspetta. In effetti è qui che comincia la parte veramente dura. Il pomeriggio passa mentre risaliamo una parete ripida e nuda, senza riparo dalle frustate sadiche dei raggi del sole. Il gruppo si sfrangia: gli atleti scattano, per poi fermarsi ogni ora ad aspettare impazienti chi come noi ha scelto l’approccio turistico.
Verso sera arriviamo ai piedi della cima più alta del cratere. Troviamo un campo pieno di tende già montate, in mezzo alla ghiaia nera e calda sputata dal vulcano. Andiamo a letto subito dopo cena: dovremo alzarci alle 2 di notte per vedere l’alba sulla cima e tornare a valle prima della sera seguente. Al temuto risveglio abbiamo già perso quattro componenti, impietriti dal gelo o arresi fra le braccia di Morfeo. Meglio così, scopriamo: non ci sarebbero state abbastanza torce per tutti.
Intanto abbiamo già mezz’ora di ritardo. Siamo tutti pronti tranne la guida, che pare abbia fatto baldoria con i colleghi e non abbia sentito la sveglia. Saliamo alla luce delle torce lungo un canalone scavato nella sabbia e dopo un’ora incontriamo il bordo del cratere. Dovremo seguirlo fino alla cima, che a questo punto sembra vicinissima. È un crinale stretto e sassoso, come un ponte fra due abissi nascosti nella notte. Qui cominciano le tragedie. Perdiamo anche il terzo dei quattro olandesi, mentre la sua ragazza resiste arrancando nelle retrovie. Poco dopo la guida comincia a cantare ad alta voce canzoni di Bob Marley: dieci minuti dopo stramazza al suolo, riparandosi sotto una pietra.
Il gruppo autogestito prosegue scaglionato, diviso fra chi ci tiene a vedere l’alba dalla cima e chi come noi preferisce arrivare vivo. L’ultima parte, quella famosa in cui dovremo sputare sangue, comincia un’ora dopo, con la cima che sembra là a pochi metri. È una ripida ascesa fra la ghiaia che cede di due passi ogni tre che ne fai. In più l’altitudine taglia il fiato: ogni cinque passi (meno tre per la ghiaia) dobbiamo fermarci mezzo minuto a rifiatare.
Questi ultimi metri durano un’ora e mezza, mentre alla nostra destra si materializza di nuovo il lago in fondo al cratere, centinaia di metri più in basso, e a sinistra una vista impressionante sulla parete che scende verso la pianura, il mare, l’intera parte settentrionale dell’isola di Lombok, con le tre isole Gili. E da lontano ci saluta anche il nostro amico Agung, giusto un triangolo d’ombra che interrompe il diagramma piatto dell’orizzonte. Ancora una breve scalata sulle rocce che sostengono la cima e ce l’abbiamo fatta, pesanti e leggeri, con l’intera isola ai nostri piedi e nuovi crateri fumanti che appaiono da dietro le nostre spalle. A proposito, ci dicono, le vedi quelle luci là in basso, lontane in pianura? È là che dovremo arrivare, questo pomeriggio. Ed è qui che ci rendiamo conto che la missione non è ancora compiuta.
In effetti scendere una montagna può essere più faticoso che scalarla. All’inizio è tutto facile, basta scivolare sulle rocce che cedono, ma poi quando lo strato di sabbia si fa più sottile rischiamo di continuo di cadere sul fondo più solido. Siamo già distrutti quando arriviamo al campo e ci uniamo a chi è già tornato e chi si è appena alzato. Ed è solo l’inizio, perché la fatica comincia qui. Si tratta prima di tutto di scendere a capofitto lungo un sentiero così scosceso che sembra più il percorso di una frana. Attorno a noi il nero dei carboni di una foresta bruciata dai mozziconi dei kretek buttati fra l’erba secca. Poi raggiungiamo il letto di un fiume, che seguiamo da lontano su prati verdi, salendo e scendendo da piccole colline. In lontananza, come una tortura, continuiamo a vedere la meta, che sembra sempre più lontana.
Arriviamo solo verso la fine del pomeriggio, dopo aver perso altri membri in balia delle vesciche. Raggiungiamo il villaggio facendoci strada fra i campi di peperoncino e ci dirigiamo direttamente verso una capanna di legno dove possiamo comprare biscotti e cocacola. Solo qui, o meglio, sul cassone del pickup che ci riporta al punto di partenza, cominciamo gradualmente a sentirci soddisfatti. Per la prima volta scherziamo tutti insieme, proviamo a conoscerci meglio, finalmente liberi dal nervosismo di un’impresa che fino all’ultimo non eravamo sicuri di poter portare a termine.
Gunung Rinjani était à lui seul la raison de notre venue sur Lombok. Quelques mois auparavant, à l’heure des préparatifs du voyage, j’avais ouvert notre Lonely Planet à la page des volcans à ne pas manquer et je me souviens que mes petits yeux européens non-habitués à un tel panorama s’étaient écarquillés devant tant de beauté. ''Marco, we need to see that'', avais-je alors dit. Seulement, ce que je ne savais pas, c’est que le seul moyen d’atteindre ce géant culminant à plus de 3700m est d’en passer par un trek de 3 jours. Après le semi-fiasco d’Agung, je me demandais s’il était bien raisonnable de me lancer à nouveau sur les pistes d’un volcan…. pour TROIS jours ! Mais l’envie l’emportant vite sur la raison, c’est armés de litres d’huile de coude et de genoux bien ficelés que nous embarquions à bord du minibus venu nous chercher devant notre hôtel.
5h du matin. L’esprit encore embrumé, mais il ne nous faut pas longtemps pour réaliser que l’organisation du trek est un peu foireuse : un siège manque dans le minibus, contraignant Marco (qui en bon gentleman me laissa la dernière place assise) à passer deux heures tassé à mes pieds ! Avec l’intention de lui crier toute notre rage en arrivant – mais nous ravisant finalement, c’est entre les mains du gourou de Rinjani que nous passons ensuite. Celui qui détient le monopole de toutes les excursions et activités ayant lieu dans le parc national du volcan, le ci-nommé Hardy Kruger (il faut sûrement avoir un peu de sang allemand pour se lancer dans l’industrie du trekking, non ?) Après un petit-déjeuner-pancake et un speech contenant un mot dans la langue de chacun des participants (le p’tit truc marketing qui marche à tous les coups, ou pas…), nous nous lançons enfin à l’assaut du volcan !
[Il est ironique de constater que le speech en question appuyait sur l’importance de la sécurité quand on sait que les groupes formés n’étaient pas de 8, comme prévu, mais de 15, et que notre guide portait Converses aux pieds, casque stéréo sur les oreilles et clope-sur-clope au bec ! Selon lui, la cigarette est son élément moteur, et c’est lors d’une tentative pour arrêter de fumer qu’il avait réalisé qu’il manquait de souffle sans. C’est alors bien malgré lui et pour raisons professionnelles qu’il avait dû reprendre ! Voilà donc le drôle d’oiseau qui allait nous guider pendant ces trois jours, Nyoman, même prénom mais un autre genre que notre petite guide d’Agung. (Dans la tradition balinaise, les prénoms n’indiquent pas le sexe de l’enfant mais l’ordre de naissance. Wayan est le nom du 1er enfant, Made du 2nd, Nyoman du 3ème et Ketut du 4ème, fille et garçon confondus.) M’enfin, je vous dirais qu’au final tout ça n’était pas bien grave, et que comme les lamentations ont tendance à rapprocher les gens, nous avons formé un joyeux groupe de marcheurs-ronchonneurs.]
Le premier jour, nous couvrons un dénivelé de presque 2000m, dont la quasi-totalité dans la forêt, sans aucune ouverture à travers les arbres. Bien que sans grand intérêt, cette partie du parcours a au moins la vertu de nous échauffer les mollets sans trop les endommager. La cadence est plutôt soutenue, mais pas excessive, et des pauses régulières nous permettent de récupérer tranquillement – dont un déjeuner royal aux antipodes des pique-nique-sandwich à l’européenne. En Indonésie, on sort les marmites en toutes occasions pour cuisiner les nouilles et les légumes al dente ! Autour de nous, toute une clique de porteurs se charge du matériel : tentes, sacs de couchage, litres et litres d’eau, provisions et gamelles sont placés à califourchon dans des paniers leur saignant l’épaule. Les voir cavaler en tongs, chargés comme des mulets, a quelque chose d’irréel et de révoltant, et laisse une inconfortable sensation de colonialisme ou de tourisme supérieur. Je me rassure en me disant que c’est sûrement une chance pour eux d’avoir ce travail (mouais, oui, non ?…) [Je vous avouerais quand même que je n’aurais jamais pu faire cette expédition si j’avais dû porter tout ce barda toute seule !]
En fin de journée, une fois la cime des arbres dépassée et la tête sortie hors du brouillard, nous découvrons finalement un grand ciel bleu et le paysage digne d’un Village dans les nuages. Avec Gunung Agung pointant du nez à l’horizon couchant, c’est l’emplacement rêvé pour monter notre camp. Après un bon feu pour nous réchauffer, c’est bien emmitouflés sous la tente que nous éteignons nos frontales et rejoignons Morphée.
6h du matin. Malgré l’effort, le froid et le réveil très matinal, il nous suffit de regarder autour de nous pour nous sentir immédiatement requinqués, chaque vue agissant en puissant agent motivateur. Mais c’est surtout après quelques minutes de marche en ce deuxième jour de trek que nous découvrons de quoi il retourne vraiment. Un décor surréel entoure Rinjani, qui, du haut de ses 3726m, est le deuxième volcan le plus élevé d’Indonésie. Les éruptions qui l’ont animé durant ces deux derniers siècles (la dernière étant en 2010) ont créé une caldeira de 8 km sur 6, remplie aujourd’hui d’un lac de cratère turquoise profond. En son centre s’est formé un cône volcanique hautement actif qui, lors de chaque nouvelle éruption, dessine des langues de lave ondulées autour du lac. Après avoir largement dévoré des yeux ce sublime panorama et pris 3 millions de photos, nous initions notre descente vers ce lac aux rives nuit-bleutées. En bas, une autre surprise nous attend : des sources d’eau chaude naturelles, à température constante toute l’année. Un vrai délice pour nos muscles tout froissés et une pause bien méritée avant de poursuivre vers le camp du soir.
2h du matin. L’un des réveils les plus difficiles de ma vie. En pleine nuit, dans le froid et avec l’optique de passer les quatre prochaines heures à crapahuter sur le dos d’un volcan. Les statistiques ne sont pas encourageantes non plus : seule une personne sur trois parviendrait à se hisser jusqu’au sommet et finir le trek. Dans notre cas, 8 personnes y sont parvenues ; 7 ont lâché l’affaire avant. Et à ce stade de la lecture, vous vous demandez encore à quelle catégorie j’appartiens… ;-) À 3h nous étions encore un groupe ; à 4h nous commencions à nous disperser et Nyoman, à bout de souffle, calanchait après avoir trop chanté. La pente était ardue, le terrain sableux puis rocailleux et le paysage lunaire. À 5h certains avaient déjà atteint le sommet ; à 6h nous n’y étions toujours pas ! À 100m de l’arrivée, mes nerfs lâchaient et je m’écroulais en pleurs de fatigue. Mais à presque 7h du matin, nous tenions enfin entre nos mains le panneau de la victoire ! Ironie du sort, à 7h30, il nous fallait TOUT redescendre jusque de l’autre côté de la vallée. Douze heures de marche dans la même journée et le sentiment exquis, une fois arrivés, de l’avoir fait, et surtout, qu’on ne le refera pas !
COUP DE GUEULE. Le site de Rinjani a beau être magnifique, c’est aussi une véritable catastrophe écologique. Tous les campements sont parsemés d’ordures et il n’est pas rare non plus de trouver des ''mouchoirs de pipi'' sur les bas-côtés du sentier. Je sais bien que la gestion des ordures est un problème général en Asie du Sud-est, mais là il s’agit d’un parc national et les guides devraient montrer l’exemple ! Les touristes ne remplissent pas leur part du contrat non plus. Est-il si difficile de garder avec soi ses déchets et de les jeter à la fin du trek ?! De même, certaines pentes du volcan sont calcinées et quand on leur demande la raison, leur réponse est plus que vague. Finalement ils admettent que même si certains feux ont été provoqués pour renouveler les sols, la plupart sont accidentels et causés par des mégots lancés dans la nature. Voyez le nombre de guides ou porteurs avec une clope au museau et vous comprendrez !
Pictures: LOMBOK - Rinjani
On the map: Point 25
La scalata del vulcano Rinjani è uno dei ricordi più belli dei nostri mesi in Asia. Lo immaginiamo già prima di partire per l’escursione, eppure siamo agitati, perché sappiamo che questo ricordo dovremo guadagnarcelo con fatica, e che non è sicuro che riusciremo ad arrivare in cima.
L’impresa comincia con Allah che ci sveglia alle 4 di notte e due ore di autobus. A me tocca sedere sul pavimento perché nel gruppo c’è una persona in più del massimo stabilito. Tutti dormono, tranne me, che osservo il nero senza luci dell’entroterra di Lombok sputando di tanto in tanto bestemmie rivolte a diverse divinità mono e politeiste.
Prima di partire per la camminata, un indonesiano chiamato Hartmut Krueger ci spiega il programma che ci attende, e sarebbe quasi meglio non lo facesse: “È solo quando crederete di essere quasi arrivati che comincerete veramente a sputare sangue”. Comunque ormai ci siamo dentro e i primi passi sono pieni di entusiasmo, fra campi di banani e cacao. Nel gruppo siamo in 15: olandesi, tedeschi, francesi e inglesi. Io sono l’unico a non avere nessun altro con cui parlare la mia lingua, ma ormai ci sono abituato. E comunque la salita colpisce i polmoni e nessuno ha voglia di chiacchierare: anche durante le poche pause siamo troppo stanchi per andare oltre i sorrisi.
La guida si presenta durante la prima pausa, raccontandoci di quando lavorava nelle piantagioni di gomma in Malesia. Per poter tornare in Indonesia pare abbia dovuto rapinare dieci colleghi cingalesi, minacciandoli con il machete. Non serve credergli per trovarlo un buon narratore. E ad impressionarci basta il fatto che abbia intenzione di scalare la montagna in ciabatte di plastica, carburando a forza di kretek, i sigaretti aromatizzati con chiodi di garofano che costituiscono parte fondamentale della dieta del maschio indonesiano.
Da qui si comincia a salire davvero, affondando nella sabbia vulcanica, fatta di polvere finissima che non lascerà mai più le mie scarpe. Gli unici a non sprofondare nella polvere sono i portantini, anche loro in ciabatte, che ci superano correndo. Poi, appena li perdiamo di vista, si fermano per fumare un kretek e li raggiungiamo di nuovo. Ma il loro sforzo è comunque impressionante, condiderando che oguno porta due pesanti ceste piene di viveri e tende, appese ai lati di un pesante bastone di legno.
Al tramonto siamo già in alto, su un crinale coperto di erba secca, che sembra galleggiare fra le nuvole. Appena scende la notte le folate di vento gelido bussano alla porta delle nostre tende. Noi non apriamo, ma il gelo entra lo stesso. La mattina dopo ci riscaldiamo a forza di muscoli, mentre saliamo fino a trovarci davanti ad un miraggio: la parete di polvere ed erba secca si apre in un cratere con pareti coperte di pini, che scendono a picco in un lago turchese con un diametro di diversi chilometri. Al centro emerge un altro vulcano più piccolo, con una colonna di fumo che si alza dalla cima: è come trovare un mondo dentro un altro mondo, forse la riserva degli ultimi dinosauri. Noi dovremo scendere verso il lago e salire di nuovo, verso il punto più alto del cratere. Vedendolo là, sul lato opposto, sembra impossibile pensare di poterci arrivare in 24 ore. Così qualcuno abbandona già l’impresa, mentre noialtri scendiamo verso il lago, scegliendo con attenzione le rocce su cui appoggiare i piedi. Vorremmo evitare di fare la fine di quel turista francese che qualche anno fa qui ha trovato un paradiso tutt’altro che metaforico.
Durante la discesa il vento è freddo e il sole, quando appare fra i pini, arrostisce senza scaldare. Arriviamo alla riva del lago sfiniti e infreddoliti, ma stavolta abbiamo diritto a qualche minuto di sollievo. La guida ci indica una parete dalla quale sale un fumo vaporoso. Dietro troviamo una sorgente di acqua sulfurea color verde smeraldo. Per un’ora rimaniamo a bagno nell’acqua bollente, senza preoccuparci di quello che ci aspetta. In effetti è qui che comincia la parte veramente dura. Il pomeriggio passa mentre risaliamo una parete ripida e nuda, senza riparo dalle frustate sadiche dei raggi del sole. Il gruppo si sfrangia: gli atleti scattano, per poi fermarsi ogni ora ad aspettare impazienti chi come noi ha scelto l’approccio turistico.
Verso sera arriviamo ai piedi della cima più alta del cratere. Troviamo un campo pieno di tende già montate, in mezzo alla ghiaia nera e calda sputata dal vulcano. Andiamo a letto subito dopo cena: dovremo alzarci alle 2 di notte per vedere l’alba sulla cima e tornare a valle prima della sera seguente. Al temuto risveglio abbiamo già perso quattro componenti, impietriti dal gelo o arresi fra le braccia di Morfeo. Meglio così, scopriamo: non ci sarebbero state abbastanza torce per tutti.
Intanto abbiamo già mezz’ora di ritardo. Siamo tutti pronti tranne la guida, che pare abbia fatto baldoria con i colleghi e non abbia sentito la sveglia. Saliamo alla luce delle torce lungo un canalone scavato nella sabbia e dopo un’ora incontriamo il bordo del cratere. Dovremo seguirlo fino alla cima, che a questo punto sembra vicinissima. È un crinale stretto e sassoso, come un ponte fra due abissi nascosti nella notte. Qui cominciano le tragedie. Perdiamo anche il terzo dei quattro olandesi, mentre la sua ragazza resiste arrancando nelle retrovie. Poco dopo la guida comincia a cantare ad alta voce canzoni di Bob Marley: dieci minuti dopo stramazza al suolo, riparandosi sotto una pietra.
Il gruppo autogestito prosegue scaglionato, diviso fra chi ci tiene a vedere l’alba dalla cima e chi come noi preferisce arrivare vivo. L’ultima parte, quella famosa in cui dovremo sputare sangue, comincia un’ora dopo, con la cima che sembra là a pochi metri. È una ripida ascesa fra la ghiaia che cede di due passi ogni tre che ne fai. In più l’altitudine taglia il fiato: ogni cinque passi (meno tre per la ghiaia) dobbiamo fermarci mezzo minuto a rifiatare.
Questi ultimi metri durano un’ora e mezza, mentre alla nostra destra si materializza di nuovo il lago in fondo al cratere, centinaia di metri più in basso, e a sinistra una vista impressionante sulla parete che scende verso la pianura, il mare, l’intera parte settentrionale dell’isola di Lombok, con le tre isole Gili. E da lontano ci saluta anche il nostro amico Agung, giusto un triangolo d’ombra che interrompe il diagramma piatto dell’orizzonte. Ancora una breve scalata sulle rocce che sostengono la cima e ce l’abbiamo fatta, pesanti e leggeri, con l’intera isola ai nostri piedi e nuovi crateri fumanti che appaiono da dietro le nostre spalle. A proposito, ci dicono, le vedi quelle luci là in basso, lontane in pianura? È là che dovremo arrivare, questo pomeriggio. Ed è qui che ci rendiamo conto che la missione non è ancora compiuta.
In effetti scendere una montagna può essere più faticoso che scalarla. All’inizio è tutto facile, basta scivolare sulle rocce che cedono, ma poi quando lo strato di sabbia si fa più sottile rischiamo di continuo di cadere sul fondo più solido. Siamo già distrutti quando arriviamo al campo e ci uniamo a chi è già tornato e chi si è appena alzato. Ed è solo l’inizio, perché la fatica comincia qui. Si tratta prima di tutto di scendere a capofitto lungo un sentiero così scosceso che sembra più il percorso di una frana. Attorno a noi il nero dei carboni di una foresta bruciata dai mozziconi dei kretek buttati fra l’erba secca. Poi raggiungiamo il letto di un fiume, che seguiamo da lontano su prati verdi, salendo e scendendo da piccole colline. In lontananza, come una tortura, continuiamo a vedere la meta, che sembra sempre più lontana.
Arriviamo solo verso la fine del pomeriggio, dopo aver perso altri membri in balia delle vesciche. Raggiungiamo il villaggio facendoci strada fra i campi di peperoncino e ci dirigiamo direttamente verso una capanna di legno dove possiamo comprare biscotti e cocacola. Solo qui, o meglio, sul cassone del pickup che ci riporta al punto di partenza, cominciamo gradualmente a sentirci soddisfatti. Per la prima volta scherziamo tutti insieme, proviamo a conoscerci meglio, finalmente liberi dal nervosismo di un’impresa che fino all’ultimo non eravamo sicuri di poter portare a termine.
Gunung Rinjani était à lui seul la raison de notre venue sur Lombok. Quelques mois auparavant, à l’heure des préparatifs du voyage, j’avais ouvert notre Lonely Planet à la page des volcans à ne pas manquer et je me souviens que mes petits yeux européens non-habitués à un tel panorama s’étaient écarquillés devant tant de beauté. ''Marco, we need to see that'', avais-je alors dit. Seulement, ce que je ne savais pas, c’est que le seul moyen d’atteindre ce géant culminant à plus de 3700m est d’en passer par un trek de 3 jours. Après le semi-fiasco d’Agung, je me demandais s’il était bien raisonnable de me lancer à nouveau sur les pistes d’un volcan…. pour TROIS jours ! Mais l’envie l’emportant vite sur la raison, c’est armés de litres d’huile de coude et de genoux bien ficelés que nous embarquions à bord du minibus venu nous chercher devant notre hôtel.
5h du matin. L’esprit encore embrumé, mais il ne nous faut pas longtemps pour réaliser que l’organisation du trek est un peu foireuse : un siège manque dans le minibus, contraignant Marco (qui en bon gentleman me laissa la dernière place assise) à passer deux heures tassé à mes pieds ! Avec l’intention de lui crier toute notre rage en arrivant – mais nous ravisant finalement, c’est entre les mains du gourou de Rinjani que nous passons ensuite. Celui qui détient le monopole de toutes les excursions et activités ayant lieu dans le parc national du volcan, le ci-nommé Hardy Kruger (il faut sûrement avoir un peu de sang allemand pour se lancer dans l’industrie du trekking, non ?) Après un petit-déjeuner-pancake et un speech contenant un mot dans la langue de chacun des participants (le p’tit truc marketing qui marche à tous les coups, ou pas…), nous nous lançons enfin à l’assaut du volcan !
[Il est ironique de constater que le speech en question appuyait sur l’importance de la sécurité quand on sait que les groupes formés n’étaient pas de 8, comme prévu, mais de 15, et que notre guide portait Converses aux pieds, casque stéréo sur les oreilles et clope-sur-clope au bec ! Selon lui, la cigarette est son élément moteur, et c’est lors d’une tentative pour arrêter de fumer qu’il avait réalisé qu’il manquait de souffle sans. C’est alors bien malgré lui et pour raisons professionnelles qu’il avait dû reprendre ! Voilà donc le drôle d’oiseau qui allait nous guider pendant ces trois jours, Nyoman, même prénom mais un autre genre que notre petite guide d’Agung. (Dans la tradition balinaise, les prénoms n’indiquent pas le sexe de l’enfant mais l’ordre de naissance. Wayan est le nom du 1er enfant, Made du 2nd, Nyoman du 3ème et Ketut du 4ème, fille et garçon confondus.) M’enfin, je vous dirais qu’au final tout ça n’était pas bien grave, et que comme les lamentations ont tendance à rapprocher les gens, nous avons formé un joyeux groupe de marcheurs-ronchonneurs.]
Le premier jour, nous couvrons un dénivelé de presque 2000m, dont la quasi-totalité dans la forêt, sans aucune ouverture à travers les arbres. Bien que sans grand intérêt, cette partie du parcours a au moins la vertu de nous échauffer les mollets sans trop les endommager. La cadence est plutôt soutenue, mais pas excessive, et des pauses régulières nous permettent de récupérer tranquillement – dont un déjeuner royal aux antipodes des pique-nique-sandwich à l’européenne. En Indonésie, on sort les marmites en toutes occasions pour cuisiner les nouilles et les légumes al dente ! Autour de nous, toute une clique de porteurs se charge du matériel : tentes, sacs de couchage, litres et litres d’eau, provisions et gamelles sont placés à califourchon dans des paniers leur saignant l’épaule. Les voir cavaler en tongs, chargés comme des mulets, a quelque chose d’irréel et de révoltant, et laisse une inconfortable sensation de colonialisme ou de tourisme supérieur. Je me rassure en me disant que c’est sûrement une chance pour eux d’avoir ce travail (mouais, oui, non ?…) [Je vous avouerais quand même que je n’aurais jamais pu faire cette expédition si j’avais dû porter tout ce barda toute seule !]
En fin de journée, une fois la cime des arbres dépassée et la tête sortie hors du brouillard, nous découvrons finalement un grand ciel bleu et le paysage digne d’un Village dans les nuages. Avec Gunung Agung pointant du nez à l’horizon couchant, c’est l’emplacement rêvé pour monter notre camp. Après un bon feu pour nous réchauffer, c’est bien emmitouflés sous la tente que nous éteignons nos frontales et rejoignons Morphée.
6h du matin. Malgré l’effort, le froid et le réveil très matinal, il nous suffit de regarder autour de nous pour nous sentir immédiatement requinqués, chaque vue agissant en puissant agent motivateur. Mais c’est surtout après quelques minutes de marche en ce deuxième jour de trek que nous découvrons de quoi il retourne vraiment. Un décor surréel entoure Rinjani, qui, du haut de ses 3726m, est le deuxième volcan le plus élevé d’Indonésie. Les éruptions qui l’ont animé durant ces deux derniers siècles (la dernière étant en 2010) ont créé une caldeira de 8 km sur 6, remplie aujourd’hui d’un lac de cratère turquoise profond. En son centre s’est formé un cône volcanique hautement actif qui, lors de chaque nouvelle éruption, dessine des langues de lave ondulées autour du lac. Après avoir largement dévoré des yeux ce sublime panorama et pris 3 millions de photos, nous initions notre descente vers ce lac aux rives nuit-bleutées. En bas, une autre surprise nous attend : des sources d’eau chaude naturelles, à température constante toute l’année. Un vrai délice pour nos muscles tout froissés et une pause bien méritée avant de poursuivre vers le camp du soir.
2h du matin. L’un des réveils les plus difficiles de ma vie. En pleine nuit, dans le froid et avec l’optique de passer les quatre prochaines heures à crapahuter sur le dos d’un volcan. Les statistiques ne sont pas encourageantes non plus : seule une personne sur trois parviendrait à se hisser jusqu’au sommet et finir le trek. Dans notre cas, 8 personnes y sont parvenues ; 7 ont lâché l’affaire avant. Et à ce stade de la lecture, vous vous demandez encore à quelle catégorie j’appartiens… ;-) À 3h nous étions encore un groupe ; à 4h nous commencions à nous disperser et Nyoman, à bout de souffle, calanchait après avoir trop chanté. La pente était ardue, le terrain sableux puis rocailleux et le paysage lunaire. À 5h certains avaient déjà atteint le sommet ; à 6h nous n’y étions toujours pas ! À 100m de l’arrivée, mes nerfs lâchaient et je m’écroulais en pleurs de fatigue. Mais à presque 7h du matin, nous tenions enfin entre nos mains le panneau de la victoire ! Ironie du sort, à 7h30, il nous fallait TOUT redescendre jusque de l’autre côté de la vallée. Douze heures de marche dans la même journée et le sentiment exquis, une fois arrivés, de l’avoir fait, et surtout, qu’on ne le refera pas !
COUP DE GUEULE. Le site de Rinjani a beau être magnifique, c’est aussi une véritable catastrophe écologique. Tous les campements sont parsemés d’ordures et il n’est pas rare non plus de trouver des ''mouchoirs de pipi'' sur les bas-côtés du sentier. Je sais bien que la gestion des ordures est un problème général en Asie du Sud-est, mais là il s’agit d’un parc national et les guides devraient montrer l’exemple ! Les touristes ne remplissent pas leur part du contrat non plus. Est-il si difficile de garder avec soi ses déchets et de les jeter à la fin du trek ?! De même, certaines pentes du volcan sont calcinées et quand on leur demande la raison, leur réponse est plus que vague. Finalement ils admettent que même si certains feux ont été provoqués pour renouveler les sols, la plupart sont accidentels et causés par des mégots lancés dans la nature. Voyez le nombre de guides ou porteurs avec une clope au museau et vous comprendrez !
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