Naughty Merapi

Chers lecteurs, préparez-vous à une activité hautement sismique dans les trois articles à suivre ! Ceux-ci relatent nos récits de trois volcans javanais : Merapi, Bromo et Ijen. Est-ce ma passion enfouie pour les volcans (…née devant un documentaire sur l’Etna à la MLC de St-Leu alors que je n’étais encore qu’une gamine…) qui soudain avait refait surface ou est-ce parce que l’Indonésie est l’un des pays qui compte le plus de volcans au monde, mais le fait est que je voulais TOUS les voir ! Alors quand on sait que l’île de Java en compte 42 à elle-seule, et bien il a fallu choisir. À moins de 30km au nord de Yogya se dresse un cône fumant presque 300 jours par an : Gunung Merapi, ou ‘’Meru api’’, Mountain of Fire, le volcan le plus actif du pays. Du haut de ses 2930 mètres, il surplombe aujourd’hui une vallée dévastée. Sa dernière éruption d’octobre/novembre 2010 a fait fondre son pic de 28 mètres et a causé la mort de 353 villageois. À défaut de toujours rechercher la beauté, c’est ce spectacle d’horreur que nous venions constater…

De Borobudur, nous avons rebroussé chemin vers Yogya, puis emprunté les transports locaux jusqu’au village de Kaliurang. Tel un village dans les nuages, tapi au pied du volcan Merapi, le brouillard était si dense qu’on ne pouvait apercevoir la bête. Même du haut de la tour de contrôle de la ville, la vue était imprenable – au sens littéral.

Nous avons fait notre nid dans la douillette auberge Vogel tenue par l’adorable Christian Awui, qui devait être notre guide pour l’expédition du lendemain. Passionné depuis toujours par ‘’son’’ volcan comme il l’appelle, il conduit les touristes sur les traces de Merapi. Mais au vu des prévisions météo peu alléchantes, nous avons hésité un long moment avant de nous engager : le groupe de la veille n’ayant pas même aperçu le volcan, il y avait peu de chance que nous y arrivions. Qu’à ne cela ne tienne, nous avons quand même réservé notre place et en attendant le moment du départ (devinez quoi ? en pleine nuit), nous avons fait bon usage de la salle de bain royale (c.à.d. avec douche chaude) de la chambre voisine, de la Wifi gratuite et du petit restaurant de l’hôtel où Marco a passé de nombreuses heures à discuter avec un autre baroudeur italien.

Kaliurang est un petit village tranquille qui vit sous les feux de son volcan. C’est aussi un lieu de villégiature pour les familles de Yogya qui viennent s’y rafraîchir lorsqu’il fait trop chaud dans la plaine. À part quelques résidences et warungs accueillantes, on y trouve surtout le centre de surveillance sismique, qui contrôle jour et nuit l’activité du volcan, ainsi que le musée dédié au volcanisme, pimpant et tout neuf, mais qui malheureusement était fermé le jour où nous voulions le visiter.

4h du matin, nous étions d’attaque devant un petit-déjeuner copieux préparé par notre hôte. Une demi-heure plus tard, nous commencions l’ascension. Le ciel encore étoilé ne laissait rien présager de bon, et quand le soleil se leva finalement derrière de gros nuages noirs, on aurait pu croire à une éclipse de lune totale. Une vision apocalyptique. La lumière grise reflétait un paysage morne. Les arbres, pour la plupart, étaient couchés et calcinés. La nature, quoiqu’inexistante dans cet amas géant de cendres, de pierres et de troncs brûlés, tentait de reprendre ses droits et l’on pouvait voir quelques pousses vertes percer de ci de là. Toute la vallée alentour avait été redessinée sous le poids des coulées de lave et des traînées pétrifiées gisaient là où, auparavant, faune et flore s’en donnaient à cœur joie.

Christian, en guide fascinant, nous raconte Merapi à travers diverses anecdotes et données scientifiques. Il est incollable sur le sujet. Fort de rencontres avec de grands volcanologues, tel Aroun Tazief, il nous explique les bases du volcanisme en faisait des schémas dans le sable. Alors qu’on est tous à l’écouter sagement, le volcan fait une percée et le ciel se teinte de bleu en un instant. On est tous gaga. Cette nouvelle luminosité change notre regard, et l’on comprend un peu mieux pourquoi tant de villageois ont refusé de quitter leur domicile alors que l’alerte était donnée en ce 25 octobre 2010. Ils ont cru que le volcan ne se manifesterait pas ou qu’alors eux seraient invincibles. En Indonésie, les volcans sont vénérés tels des dieux et de nombreuses offrandes leur sont faites afin d’apaiser leur colère.

Après quelques minutes de ‘’lavathérapie’’ (les pieds nus au contact de la roche volcanique encore chaude), nous sommes redescendus sur terre où nous attendaient pas UN, mais DEUX petits déjeuners copieux. Sûrement histoire de nous remettre de nos émotions…


Gunung api, in indonesiano, significa “montagna di fuoco”, vulcano. E da Gunung Merapi, a pochi chilometri da Yogyakarta, il fuoco cola con regolarità, rendendolo uno dei vulcani più pericolosi al mondo. Questo non significa che abbia resistito all’urbanizzazione: nell’ottobre del 2010 un’eruzione più violenta delle altre ha incenerito in un colpo solo le foreste che erano riuscite a crescere sull’altopiano attorno a Merapi, colpendo anche alcuni villaggi e cancellando ogni traccia delle trecento persone che si erano rifiutate di evacuare.

Quando arriviamo a Kaliurang, il paese più sicuro sull’altopiano, quello dove risiedono i sismologi del centro vulcanologico, il cono del vulcano è nascosto dietro una coperta di nuvole infeltrite e senza colore.

Oltre ai sismologi, a Kaliurang si raduna anche chi fra gli abitanti di Jogjakarta può permettersi una casa per le vacanze al fresco dell’alta quota. Ma questo non è periodo turistico e le ville di cemento nudo sono vuote e tetre fra le nuvole. Kaliurang galleggia in una schiuma grigia che cancella ogni segno di geografia.

Il calore è tutto nell’ostello Vogels, e non certo nelle stanze in stile convento, ma nel proprietario Christian Awuy, che con la sua passione per il vulcano si è guadagnato il titolo di vulcanologo honoris causa. Christian è un malay cristiano (l’unico che abbiamo incontrato), modesto e delicato, di animo gentile e carattere timido. Quando ci vede soli nelle stanze più fredde dell’edificio, ci concede di usare gratis le docce degli appartamenti più costosi. È la prima doccia calda in più di un mese e col freddo che c’è fuori fa ancora più piacere.

Da Vogels partono tutte le escursioni verso il vulcano, perché Christian è l’unica guida. Come sempre in Indonesia partiamo alle 4 di mattina, anche se stavolta non sembra esserci il problema di evitare i raggi del sole. Anzi, saremmo più che felici di vedere il sole al di là delle nuvole, almeno per intravvedere il cono del vulcano.Ma è comunque suggestivo anche solo camminare fra la cenere e gli alberi inceneriti e abbattuti dall’ultima eruzione, spingersi fino al crinale con i resti sciolti e contorti del traliccio metallico che sosteneva la torre di rilevamento sismico.

Christian ci indica le gole scavate dalla lava, che credevamo fossero i letti di fiumi estinti. Ci mostra i villaggi che sono rinati nel mezzo della polvere grigia. Ci racconta di come gli animali hanno perso i loro rifugi e si sono spostati in massa verso valle e della pantera che girava allo scoperto, alla ricerca disperata di cibo. In molti punti cresce già l’erba e anche qualche arbusto ha messo radici nel suolo fertilizzato dalla cenere vulcanica. Ma per ora gli unici alberi sono gli scheletri grigi della foresta incenerita.

In fondo al letto di un fiume di lava, Christian ci insegna a farci massaggiare i piedi dalla roccia vulcanica calda e porosa. E intanto le nuvole si aprono quasi all’improvviso e quando togliamo i piedi dalla sabbia ci appare il vulcano, anche lui grigio dopo essersi levato di dosso la foresta che lo rivestica. Dalla cima del cono esce del fumo, ma al servizio sismico dichiarano che le possibilità di eruzione per ora sono bassissime. Nonostante ciò, è proibito avvicinarsi oltre l’area dove siamo noi, a qualche chilometro dalla base.

Così torniamo indietro verso il villaggio, ormai affamati dopo la lunga camminata. E Christian ha previsto tutto e ci offre non una, ma due colazioni: la prima in una mangeria del villaggio, con banane fritte e palle di riso accompagnati da peperoncini decisamente maligni, e subito dopo un’altra all’ostello, con quello che un occidentale si aspetta di trovare in una colazione nel Sud-Est asiatico e che gli viene di conseguenza servito in qualsiasi struttura a lui destinata: frittelle alla banana. Non ho mai visto un asiatico mangiare una frittella alla banana, ma per la guida del pianeta solitario, viaggiare a Sud della Cina significa percorrere il “Banana Pancake Trail”. Comunque mi adeguo con piacere.

Ci fermiamo ancora un po’ a parlare con Christian, che alla fine si offre di darci un passaggio fino alla fermata del bus di linea. E al momento di pagare ci offre perfino uno sconto. Mentre ci allontaniamo dopo averlo ringraziato per la sua gentilezza, vediamo che i suoi occhi si arrossiscono di commozione.

2 comments:

Anonymous said...

Les volcans c'est inquiétant !!! Cette fusion au milieu de la terre
et de penser que vous étiez si prêt. Nous attendons la suite.Mousse

Seb said...

C'est sûr que l'ascension d'un volcan, ça doit avoir quelque chose d'assez mythique... et mystique, aussi ! En tout cas, je suis très surpris que la végétation commence tout juste à reprendre ses droits 2 ans plus tard. Quels ravages ça doit faire...