Hai kapito?

When? July 28-30
Where? Kapit River View Inn (70RM incl. Wifi)
Pictures: BORNEO - Kapit
On the map: Point 15

Il ne nous a pas fallu bien longtemps pour réaliser que nous n’aurions jamais assez du temps imparti sur Bornéo pour voir tout ce que nous voulions. Et pour cause, il nous restait exactement 12 jours avant notre prochain vol au départ de Kota Kinabalu, à l’extrémité Nord de l’île. À cela s’ajoutaient d’autres difficultés :
          1/ Hormis la route principale longeant la côte, il n’y a quasiment aucun tronçon routier. Les transits se font par avion ou bateau, ce qui veut dire : RÉSERVATION (ou disposer de beaucoup de temps, ce que nous n’avions pas)
          2/ Le mois d’août allant de pair avec tourisme de masse étranger et local, si tu ne réserves pas, tu l’as dans le baba (appréciez la rime)

Après quelques bonnes heures de brainstorming intensif (et imposé), nous avons finalement choisi de nous aventurer dans la région de Batang Rejang, située à deux trajets de bateau de Kuching : 4h pour rejoindre Sibu, suivies de 3h jusqu’à Kapit, notre destination finale. Cette région nous a attirés par sa forte concentration de longues maisons dans lesquelles une partie du peuple Iban vit encore en communauté. Les tours organisés étant bien trop chers à notre goût, nous avons décidé de tenter le coup en y allant de nous-mêmes sans aucun contact. Sur le bateau, nous faisons la connaissance d’Aaron, un Néo-zélandais en tour du monde depuis près de 15 mois. C’est le seul autre touriste avec nous et lui non plus ne sait pas trop bien ce qu’il est venu faire par là…

À l’arrivée nous sommes accueillis par le célèbre Mister Joshua, guide touristique hautement recommandé par le Lonely Planet, mais qui, paradoxalement, est ''Wanted'' dans tous les hôtels du coin. Info ou intox ? Il nous propose une excursion d’une journée dans une long-house en bois, repas, danse et musique traditionnelles, tout le folklore garanti. Il se présente comme guide attitré de Nouvelles Frontières, mais c’est louche (s’il bosse pour NF, pourquoi aurait-il besoin d’alpaguer les touristes à leur arrivée ?) et puis de toute façon, son blabla n’est pas bon marché et ce n’est pas tout à fait le genre d’expérience qu’on recherche. À la place, on fouine à droite à gauche, on se renseigne au marché, à l’hôtel, on lit des forums de voyageurs… quelques numéros de téléphone tombent petit à petit. Kapit est si petite qu’on retrouve naturellement Aaron au marché de nuit où l’on partage des brochettes de saté et des frites. Les récits de voyage vont bon train autour de la table. On décide alors de se tenir au courant de l’avancée de nos recherches pour le lendemain.

À l’hôtel, lorsqu’on demande à la réceptionniste si on peut emprunter le téléphone, elle s’écrit que Melintang est son oncle en apercevant son nom inscrit sur notre papier. Elle nous conseille alors de partir avec lui pour visiter leur long-house. Petit tour au marché pour assurer le ravitaillement, Aaron est aussi de la partie et nous voilà embringués dans la maison du frère Nicholas et de la belle-sœur Aju qui nous offrent quelques shots d’arak, une liqueur locale, en guise de bienvenue. Ah ça met dans l’ambiance dès 10h du matin ! Finalement sans trop savoir pourquoi, c’est avec eux qu’on part. La voiture roule pendant une petite demi-heure avant d’atteindre la rivière où est parqué notre long-boat. Une femme lave son linge et des enfants pataugent dans l’eau couleur boue. Pas de risque de crocos ? On a entendu dire que des crocodiles auraient tué des villageois récemment dans la région. Nicholas me rassure, il n’y en a plus depuis longtemps par ici, les courants étant trop forts. La traversée en bateau ressemble un peu à celle effectuée dans la jungle malaisienne, à la seule différence que de part et d’autre, on peut apercevoir quelques habitations et des villageois pêchant dans la rivière, une journée comme une autre pour eux au cœur de Bornéo. On se laisse porter par cette atmosphère.

La longue maison dans laquelle nous allons s’appelle Rumah Kanang ; rumah veut dire ''maison'' et Kanang est le nom du chef de la communauté. Toutes les long-houses sont nommées ainsi. Elle fait environ 300 mètres de long sur deux étages et abrite une quarantaine d’habitations. Le bâtiment est en béton, des antennes satellite et des câbles courent sur les toits et la cour, et les gens sont habillés (plus ou moins) comme nous. Ils portent même des noms chrétiens, étant donné que cette partie de Bornéo a fortement résisté à l’influence islamique. Tout ça pourrait rebuter certaines personnes venus chercher le beau, l’exotisme et le folklore, mais pas nous, on voulait (sa)voir, si possible, comment ils vivent vraiment. Et puis qui a dit que modernité et tradition ne pouvaient pas faire bon ménage ? On ne va pas leur reprocher d’avoir l’électricité quand même !

Nicholas nous fait faire le tour des lieux et tente de nous expliquer tant bien que mal comment fonctionne ce genre de communauté (son anglais est très limité mais c’est le seul qui le parle ici). De nos jours la plupart des gens vivent à la ville et se font construire des maisons individuelles proches de leur travail. Ils reviennent néanmoins lors d’occasions spéciales telles que Noël. Leurs trois enfants, par exemple, vivent respectivement à Kapit, Johor Bahru et Singapour. Aux heures les plus chaudes de la journée chacun vaque à ses occupations sous le préau. Je laisse les garçons parler entre eux et m’en vais déambuler dans cet espace qui ressemble à un long terrain de jeu. En fin d’après-midi, la cour s’anime, les femmes partent laver le linge dans la rivière ou donnent à manger aux animaux ; les hommes coupent du bois ou entraînent les coqs. À 21h, la nuit reprend ses droits, il n’y a plus âme qui vaille…

 
A questo punto quello che vogliamo fare è allontanarci, uscire dal Borneo civilizzato, almeno quanto basta per tornarci in tempo per raggiungere il nord e prendere il volo che abbiamo già capito di aver prenotato per una data troppo vicina.

Sul traghetto per Sibu, uscito sul pontile per sfuggire ai rigori dell’aria condizionata, assisto all’abbrustolimento del collo di un turista addormentato sul pontile, con il sole incandescente mascherato dalla brezza del movimento della nave. Ma soprattutto, fra il pigolare continuo e uniforme di casse piene di pulcini, ho modo di osservare il disboscamento della zona costiera di una delle aree più incontaminate al mondo. Tronchi di tek, sandalo e altri legnami pregiati vengono manovrati in depositi intagliati nelle foreste primordiali a forza di motosega.

Le cose vanno meglio sul battello per Kapit, lungo un fiume color nocciola, con foreste fitte di liane che si affacciano sul fiume. Il battello deve essere stato un mezzo di lusso negli anni Settanta: un missile rotondeggiante con raffinati interni in radica con un’atmosfera retrò e piacevolmente confortevole.
Cosa c’è a Kapit? Niente, semplicemente un giorno l’inviato della Lonely Planet ci si deve essere trovato per caso e, seduto a bere un tè tarik al mercato, deve aver attaccato discorso con un autoctono, che lo ha invitato a visitare la sua longhouse, una delle case-villaggio degli Iban, gli abitanti tradizionali dell’interno del Borneo. Deve essersi divertito, l’inviato, perché appena tornato ha pensato di aggiungere alla sua guida un trafiletto su Kapit, dove consiglia di visitare il mercato la mattina presto e attaccare bottone con i locali per farsi invitare a casa loro.

E i locali non sono scemi, hanno notato l’arrivo di socievolissimi visitatori bianchi, interessati a curiosare nelle loro case, e visto che con un paio di ringgit ci si può comprare un motore per la piroga, o costruire una scuola nuova, hanno pensato bene di organizzarsi e offrire nottate nella loro casa villaggio ai pochi turisti che si avventurano così lontano nell’entroterra.

Ci prendiamo una giornata per visitare Kapit, che è minuscola e vive attorno al suo mercato pieno di felci, spinaci d’acqua e fiori di banano. Poi ci affidiamo ad un uomo incontrato per strada, che ci dà un passaggio in piroga verso la sua longhouse, ad un’ora dal paese, lungo un fiume più piccolo, pieno di piccole correnti bastarde, che ti schizzano d’acqua quando non te lo aspetti.
La longhouse spunta dalla giungla. È a tutti gli effetti una casa lunga, circa 300 metri, alta due piani e tagliata in fette uguali per ogni famiglia, come un tiramisù. Il tutto tenuto insieme da una tettoia comune, dove ci si ritrova mentre si sbrogliano le reti da pesca o si tessono tappeti. L’interno delle case è molto semplice, in legno e cemento. La cucina è praticamente all’aperto e il bagno è un buco nel terreno coperto di assi. E se vuoi farti una doccia c’è il fiume.

Il nostro ospite ci mostra la zona, attraversiamo un ponticello di legno per arrivare alla scuola, un gruppo di case in legno, condiviso con un’altra longhouse a qualche chilometro di distanza. Poi camminiamo in una giungla di foglie giganti, dove ci mostra le incisioni regolari fatte per estrarre il caucciù dagli alberi della gomma. I tappeti di lattice grezzo sono stesi ad asciugare nel cortile della casa-villaggio. Per il resto ci intratteniamo con Aaron, un ragazzo neozelandese che abbiamo incontrato sul battello per Sibu e invitato ad unirsi a noi. Ha lasciato un ottimo lavoro come pianificatore urbanistico, per vivere di rendita viaggiando con lentezza. La cosa bella è che, prima di andare in Sudamerica e in Asia, ha girato per qualche mese il suo stesso stato, cosa che molti viaggiatori sembrano trovare noiosa. 

Ad Aaron sarò sempre grato per avermi passato un mattone di 600 pagine, che mi terrà compagnia sulla lunghissima strada che ci aspetta attraverso le foreste del Borneo malese.

5 comments:

Anonymous said...

Quel merveilleux réveil, transportés à Bornéo et arrivé d'un blog le 1 janvier 2012!! Yes.Merci et continuez nous avons de grandes oreilles et de grands prêts à toute découverte.Bisous.
Mousse et Papou.

Sand & Greg said...

c'est tjs un régal de suivre vos aventures
très bonne année
et prennez encore bcp de plaisir
sandrine & grégory

Seb said...

Un mois de retard, certes, mais je suis vos aventures quand même ! On reste un peu sur notre faim à la fin de l'article, quelque part, j'étais à deux doigts de penser qu'il allait vous arriver des bricoles...

Je poursuis avec le deuxième post qui m'attend !

Marquélie said...

Ah ouais tu trouves Seb ? Je me suis relue et j'ai pas cette impression pourtant. J'essayais juste de décrire le rythme des gens ds cette communauté et qu'à 21h pétante, il n'y plus ni son ni images. Pas de souci donc :)

Seb said...

J'étais peut-être flippé quand je l'ai lu, chépas... ça me refait pas le même effet, là...!